Des milliers d’élèves la subissent, sans toutefois oser l’exprimer. La souffrance scolaire est une pathologie relationnelle touchant aussi bien les enfants, que leurs parents et les enseignants. Difficile à détecter, elle se manifeste par des symptômes très variés, comme l’explique la psycho-praticienne lyonnaise Emmanuelle Piquet, auteur de plusieurs ouvrages sur le sujet.

 

Ne pas laisser l'enfant en souffrance.
La souffrance scolaire exige écoute et compréhension des parents… souvent désarmés.

Qu’est ce que la souffrance scolaire ?

Elle concerne avant tout les enfants et leurs difficultés relationnelles, lorsqu’ils sont ou se sentent harcelés, isolés, moqués, rejetés voire rackettés. Les souffrances liées aux apprentissages, traduits par des pannes scolaires, des troubles de l’attention ou de l’hyperactivité sont également très fréquentes, et induisent un travail avec les parents. Quant aux enseignants, parfois confrontés à des classes particulièrement angoissantes, ils peuvent aussi être concernés par cette souffrance.

 

Etre à l’écoute de son enfant

 

Quels sont les moyens de détecter la souffrance scolaire ?

Les symptômes sont très variés. Cela peut aller de crises d’angoisses du dimanche soir ou des veilles de rentrées scolaires à des vomissements, des douleurs subites, une baisse soudaine du niveau scolaire ou un comportement agressif inhabituel… Et il est difficile, au départ, d’en identifier la raison, car les enfants se refusent de parler de leur mal-être aux adultes.

 

Pour quelle raison ?

Ils pensent, et parfois à juste titre, que leurs parents vont aggraver la situation en intervenant. Et c’est d’ailleurs souvent ce qui se passe. On peut comprendre que ce soit angoissant aussi pour les parents, confrontés à cette problématique douloureuse : en tentant de protéger nos enfants, on fait parfois exactement l’inverse !

Que peuvent-ils faire, dès lors, pour aider leur enfant ?

Observer le contexte, d’abord, pour comprendre la situation. Ecouter leur enfant, et surtout ne rien faire sans son accord. Et ne pas hésiter à demander l’avis de spécialistes. Notre rôle est justement d’expliquer aux parents désarmés comment construire des flèches qui pourront aider l’enfant et lui redonner confiance face à son ‘’agresseur’’. Souvent, le simple fait d’arriver en classe avec la flèche dans un carquois imaginaire suffit à changer la situation. On peut toujours agir, mais l’important est de s’y prendre le plus tôt possible…

 

Pour en savoir plus : www.souffrance-scolaire.fr

 

L’auteur :

Emmanuelle Piquet est membre et co-fondatrice du C-SCO, groupement de spécialistes de la souffrance scolaire. Exerçant entre Lyon et Mâcon, elle vient de publier un troisième ouvrage, ‘’Te laisse pas faire’’ (aux éditions Payot), après ‘’A quoi ça sert de vivre, si on meurt à la fin’’ (éditions Sarbacane, 2011) et ‘’Sous l’escalier’’, livre de contes pour enfants (EPC éditions, 2014). Trois publications inspirées de sa pratique de la thérapie brève, courant issu de l’école Palo Alto.

 

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