De plus en plus de femmes envisagent de faire appel à la chirurgie esthétique pour s’offrir une « belle poitrine ». Quelles sont les différentes méthodes ? Quels risques et quelles précautions prendre ? Les précisions du docteur Michael Veber, chirurgien plasticien spécialiste en chirurgie mammaire à Lyon.

 

Implants mammaire, comme faire pour avoir des gros seins ?
En matière de chirurgie mammaire, les gros bonnets font la loi… ©Dundanim

Aujourd’hui, comment peut-on obtenir une augmentation mammaire ?

Il existe deux possibilités : la première est une véritable augmentation mammaire grâce à des implants, et la seconde, qui est une technique plus récente pratiquée depuis moins de 10 ans, consiste plus en un embellissement mammaire et du décolleté par injection de graisse.

 

Seins et implants en silicone

Laquelle est la plus pratiquée actuellement, et pourquoi ?

C’est la méthode qui utilise l’augmentation mammaire avec implant en gel de silicone. Pourquoi ? Tout simplement parce que le silicone garantit une enveloppe ainsi qu’une texture qui sont d’une souplesse presque naturelle. Ensuite, ils sont très sûrs. Le gel de silicone est un gel cohésif, qui ne fuit pas, et est confectionné selon des normes drastiques.

 

Quelles sont les sociétés qui fabriquent ces implants ?

Il existe une dizaine de groupes fabriquant d’implants mammaires dans le monde, mais qu’ils soient leaders mondiaux ou bien plus petits, tous doivent respecter des normes très strictes de fabrication. La Food and Drug Administration (FDA) aux Etats-Unis et l’agence de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) assurent le contrôle quant aux normes à respecter concernant les prothèses. Il n’a jamais été plus sûr qu’aujourd’hui que de se faire poser des prothèses mammaires !

 

Effectuer régulièrement des auto palpations de contrôle

Quelles sont les précautions à prendre ?
En France, plus de 300 000 personnes portent des implants mammaires, c’est aussi la chirurgie esthétique la plus pratiquée dans le monde. Néanmoins la durée de vie des prothèses en gel de silicone n’est pas infinie et il est raisonnable d’imaginer un changement d’implant entre 10 et 15 ans. Par ailleurs, il faut savoir que c’est la patiente qui effectue sa propre surveillance. Régulièrement, elle doit pratiquer une auto palpation de contrôle, ce qui peut participer le cas échéant à la détection fortuite d’un éventuel cancer du sein. En effet, la femme a l’habitude de la consistance de ses seins, et le jour où la sensation change… elle s’en rend très vite compte, et, peut immédiatement consulter son chirurgien plasticien ou son médecin traitant pour obtenir un avis médical.

 

A ce propos, la pose d’implants mammaires ne risque-t-elle pas lors d’un contrôle par échographie ou mammographie, de modifier le cliché et donc, d’empêcher de détecter une tumeur ?

Non, d’abord parce que l’implant se pose derrière la glande mammaire. Parfois, on le place aussi un peu sous la glande et un peu sous le muscle. En fait, tout dépend de la forme de la poitrine recherchée par la patiente. Ensuite, les techniques de mammographie et d’échographie ont fait de réels progrès, et elles permettent de soustraire l’image du silicone lors de l’analyse du sein. Enfin, on s’est aperçu que les femmes qui portent des prothèses auscultent plus leur poitrine que la population féminine en générale et comme je l’ai mentionné, participe à la prévention du cancer du sein.

 

Poitrine et cicatrices

Comment se déroule une consultation pour une augmentation mammaire ?

D’abord, il faut savoir que je vais discuter avec la patiente pour comprendre ce qui l’amène à me consulter pour ce type d’opération. Je dois cerner si sa demande me paraît justifiée. Puis, nous abordons les thèmes techniques. La patiente émet deux souhaits : l’un concerne le volume de sa future poitrine et l’autre la localisation de sa cicatrice. En tant que chirurgien, je vais alors procéder à un examen de la poitrine de la personne : structure du thorax, du sein afin de constater s’il existe une bonne adéquation entre le volume envisagé de la prothèse, les contraintes cutanée, anatomique…. C’est très important, parce que la patiente peut émettre des souhaits que son anatomie par exemple, n’autorise pas. Il est donc essentiel de dialoguer afin de se rapprocher au plus près de ses vœux tout en prenant en compte la partie médicale.

 

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A savoir

Longtemps considérée comme l’intervention plastique la plus pratiquée dans le monde, l’augmentation mammaire a été supplantée par la liposuccion. C’est du moins le principal enseignement d’une étude menée en 2009 par l’isasp (International society of asesthetic surgery) qui révèle que la liposuccion représente désormais près de 20 % de toutes les interventions de chirurgie plastique, suivie de l’augmentation mammaire avec 17 % et de la blépharoplastie (lifting de la paupière supérieure ou inférieure) avec 13,5 %, de la rhinoplastie (remodelage du nez) avec 9,4 % et de l’abdominoplastie (plastie abdominale) avec 7,3 %.

 

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