Alors que le cancer touche près de 400 000 Français, on estime que 40% de ces pathologies pourraient être évitées si l’on modifiait nos comportements. Les précisions de Julien Carretier, docteur en Santé Publique au Centre Léon Bérard à Lyon.

Quels sont les facteurs de risque des cancers féminins ?

Parmi les facteurs de risque de cancers féminins bien identifiés figurent l’âge et l’histoire familiale. En effet, bien que les enfants et les jeunes adultes puissent être touchés par un cancer, l’âge médian au moment du diagnostic est de 67 ans chez la femme. Prévenir le cancer est d’autant plus important.

Le cancer est parfois une véritable affaire de famille, on estime que 5 à 10 % des cancers sont liés à des facteurs génétiques comme par exemple le risque génétique de cancer du sein ou de l’ovaire lié à la présence du gène de prédisposition BRCA 1 ou 2.

 

Quels sont les autres facteurs connus ?

Les autres facteurs de risques de cancer sont liés à notre mode de vie et à notre environnement. En première ligne, nous retrouvons évidement le tabac, avec 17 cancers concernés et 70 substances cancérigènes connues. Suivent ensuite l’alcool, à l’origine de 7 cancers, le surpoids et l’obésité, une exposition excessive aux rayons ultraviolets solaires et artificiels, le contact avec certains virus ou bactéries (Papillomavirus, Hépatite B) et enfin la pollution de l’air (extérieur et intérieur).

Existe-t-il des causes moins connues ?

Les traitements hormonaux (pilules contraceptives et traitements hormonaux de la ménopause) sont en effet susceptibles de favoriser le risque de développer certains cancers féminins. Selon une expertise du Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) menée en 2005 et actualisée en 2012, les pilules combinées entraîneraient une légère hausse du risque de cancers du sein, du col de l’utérus et du foie.

Quels sont les facteurs de risque des cancers masculins ?

Tous les facteurs cités pour les cancers féminins, excepté celui en lien avec les traitements hormonaux, sont aussi des facteurs de risque des cancers masculins. L’âge médian au diagnostic, chez l’homme, est de 68 ans.

 

Quels conseils donneriez-vous pour prévenir le cancer ?

Il est important de limiter sa consommation d’alcool et surtout d’arrêter de fumer. Il ne faut pas hésiter à se faire aider, plusieurs solutions existent pour adopter un mode de vie sans tabac.

Par ailleurs, il est conseillé de trouver un certain équilibre nutritionnel entre les entrées (son alimentation) et les sorties (bonne digestion, activité physique) en veillant à maintenir un poids stable tout en évitant d’en prendre.

 

Y a-t-il des bons gestes ou de bonnes habitudes à adopter au quotidien pour prévenir le cancer ?

La pratique d’une activité physique régulière est primordiale.  30 minutes d’activité suffisent (marche rapide, montée d’escaliers, vélo, ménage…) d’autant plus qu’il est possible de fractionner son activité par période de 10 minutes. Pour les jeunes il est conseillé de pratiquer 1 heure d’activité physique par jour.

Un objectif à atteindre et qui peut être motivant est de faire l’équivalent de 10 000 pas par jour : certains smartphones peuvent les compter. Le principal est de trouver une activité physique qui fait plaisir et d’en faire un acte du quotidien pour prendre soin de soi.

 

Que peut-on faire contre la pollution ambiante ?

Qu’elle soit extérieure ou intérieure, plusieurs actions sont possibles et viennent renforcer des actions collectives ou de politiques publiques : éviter la combustion en foyer ouvert de matières organiques telles que le bois, réduire sa production de déchets, limiter l’utilisation de produits chimiques et rechercher des alternatives comme les produits écolabellisés, aérer son logement au moins 10 minutes par jour été comme hiver, limiter l’utilisation de sa voiture pour des courts trajets et privilégier le vélo ou les transports en communs.

Il est aussi indispensable de se protéger des UV et de ne pas faire d’UV artificiels.

 

Quelle alimentation privilégier pour prévenir le cancer ?

Il est recommandé de favoriser une alimentation riche en fruits et légumes de saison, en céréales complètes (de préférence bio), en fibres (plus de 23 g /jour) et de limiter sa consommation de sel (moins de 6 g/jour), de produits gras et sucrés (éviter les produits préparés et ultra-transformés et la consommation de boissons sucrées), et de viande rouge (moins de 500 g par semaine). Pour adopter une alimentation équilibrée il faut manger de toutes les familles d’aliments, ne pas faire de régime, lire les étiquettes et planifier ses repas. Il faut se faire plaisir oui mais savoir aussi dire non en variant les aliments.

une alimentation saine et variée
une alimentation saine et variée contribue à prévenir le cancer ©pixabay

Caution scientifique : Julien Carretier est docteur en Santé Publique et Responsable Information des Publics au Centre Léon Bérard à Lyon.

 

A SAVOIR

Grâce aux mesures de prévention et aux dispositifs de dépistage mis en place, plus d’un cancer sur deux est guéri contre un sur trois il y a trente ans. Le dépistage permet de diagnostiquer la maladie de manière précoce pour que celle-ci soit prise en charge de manière plus efficace.

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