Le pervers narcissique, un personnage manipulateur et redoutable pour son entourage. Mais qu'est-ce que la perversion narcissique ? En réalité, une pathologie fort complexe, comme l'explique Hélène Royer, psychologue d'orientation psychanalytique et thérapeute conjugale à Lyon.

Un pervers narcissique nuit à son entourage
Le pervers narcissique, une personnalité aux deux visages difficile à décrypter CA.Popov

 

Comment reconnaît-on un pervers narcissique ?

Ces dernières années, nous avons levé une forme de tabou en parlant davantage de perversion narcissique. L’objectif du pervers narcissique est d’annihiler en​ l’autre son a​mour de soi et plus largement sa contenance telles sa connaissance de soi, ses ressentis émotionnels, ses pensées, etc. Son but ultime étant de ​nier le se​ntiment d’exister de l’autre. Ce qui est très puissant !

Cela étant, deux écueils seraient :

  • de galvauder ce terme en l’appliquant trop rapidement à des situations irrespectueuses, de manipulation et de prise de pouvoir pouvant être réalisées pour d’autres fins. Même si elles s’y apparentent. Par exemple : quelqu’un peut vous crier dessus très fréquemment et vous rabaisser en pensant sincèrement ainsi vous rendre plus fort. Autre exemple : un manager peut vous donner des missions impossibles à réaliser, tout en vous reprochant de ne pas y parvenir, car il est lui-même peureux de perdre son poste, face à une politique d’entreprise dysfonctionnelle, ou inhumaine et pour le coup perverse !
  • d’asso​cier systématiquement et ainsi de confondre h​arcèlement moral et ​perversion narcissique. Le pervers narcissique use il est vrai du harcèlement à travers des techniques qui lui sont propres, mais une personne non perverse narcissique peut très bien en harceler une autre pour d’autres motifs. Par ex : une personne érotomane peut vous harceler non pas pour vous faire du mal, mais parce qu’elle pense réellement que vous lui résistez alors que vous l’aimez secrètement. Autre exemple : une personne paranoïaque peut penser que vous lui voulez du mal et vous harceler verbalement voire juridiquement. La perversion narcissique ne définit ainsi non pas seulement un comportement, une attitude, mais un mode de fonctionnement psychique du pervers narcissique.

Ceci étant précisé, le plus important lorsque l’on suppose être victime d’un pervers narcissique est de savoir d’abord s​e protéger de telles attaques abusives et dévalorisantes avant même d’être sûr que ces dernières nous sont adressées par un pervers narcissique. Il sera toujours temps ensuite de le spécifier…

 

De la fascination à la dénarcissisation

On retrouve cependant quelques traits caractéristiques chez le pervers narcissique ?

Oui. Les tentatives d’annihilation de la personne ciblée vont suivre un processus se déroulant en 3 étapes pouvant se superposer :

  • une phase de séduction/fascination,
  •  une phase d’affaiblissement par une mise en doute de la victime, de dévalorisation et d’isolation,
  • une phase de dénarcissisation et d’annihilation

La plupart du temps, dans le cadre d’une rencontre amoureuse, le pervers narcissique créera un début d’histoire intense par lequel il s’engagera rapidement. Le ou la partenaire aura le sentiment d’être comme élu/e. Le pervers narcissique créera ainsi un lien fort menant déjà à une forme d’emprise. Dans une seconde phase, également vite advenue, il œuvrera à un isolement de la personne ciblée en resserrant davantage les liens via par exemple : une exclusivité de la relation amoureuse, un mariage, l’arrivée d’un premier enfant, un déménagement en campagne, etc. Ceci tout en commençant, par un retournement, à déprécier la personne ciblée en lui faisant insidieusement et progressivement croire qu’elle n’est pas digne d’être aimée en dehors du couple, relation pour laquelle elle doit donc s’estimer chanceuse. Lors de la troisième phase, le phénomène s’amplifiera et la liste des incompétences attribuées à la personne ciblée s’allongera : jugée inintéressante intellectuellement, inapte à gérer ses émotions correctement, incapable de choix convenables et pertinents. Que ces choix relèvent aussi bien du domaine esthétique à travers ses coiffures, ses postures, ses achats vestimentaires et matériels ; que d’activités de loisirs ; qu’amicaux. Certains membres de sa famille seront également estimés ennuyeux voire toxiques.

Ce processus rapide de mise en relation amoureuse ressemble ainsi à celui pouvant se dessiner dans le cadre d’une conjugalité menant à la violence physique.

Le pervers narcissique utilise parallèlement différents mécanismes pour atteindre sa cible tout en semant le doute sur la réalité de ses attaques :
1/ Le mécanisme du désaveu :​ il désavoue avoir déclaré ou demandé quelque chose.

2/ Le paradoxe : ​il demande successivement quelque chose et son contraire.

3/ L’annulation : ​il​ ​ignore la personne ciblée, ou bien il la néglige en s’adressant à elle indirectement via une personne tierce ou un objet tel un post-it. Le refus du dialogue voire les silences étant une façon de dire, sans l’exprimer avec des mots, que l’autre n’a pas assez de valeur pour que l’on s’adresse pleinement à lui. Par ailleurs, il peut aussi nommer avec conviction les pensées, les émotions et les intentions de la personne ciblée en tentant ainsi de lui faire croire qu’il connaît mieux qu’elle ses propres pensées, émotions et intentions.

4/ L’isolation : ​en privant d’informations la personne ciblée, en la mettant “au placard”. Ceci afin d’empêcher que se mettent en place une solidarité défensive autour d’elle.

5/ L’usage pervers de la langue : ​il détourne le langage pour sa forme, non pour son fond ; l’utilisant comme une arme. En avançant ​sous couvert de faux-humours, d’un vocabulaire souvent technique, il attaque mais ne dialogue pas. Ce faisant, il s’autoproclame le représentant exclusif de pseudo-valeurs que les autres ne respecteraient pas.

6/ Les alliances complices ou témoins aveugles : ​en avançant masqué, il peut persuader certains membres du groupe qu’ils pourraient sauvegarder ou retrouver leur dignité en participant au sacrifice de la victime ! L’un de ses buts étant le spectacle que fournit la mise en impuissance d’un tiers avec la participation du plus grand nombre de témoins-otages et/ou de complices actifs ou passifs. Ces complices étant simultanément dûment manipulés.

 

Le pervers narcissique masque un gouffre interne

Quelles sont donc les origines de cette pathologie ?

En attaquant autrui, le pervers narcissique espère inconsciemment recevoir des réponses à une configuration relationnelle qu’il a lui-même vécue. La psychanalyse explique que, depuis sa naissance, ses deux parents ne l’ont à aucun moment considéré pour qui il était vraiment. Ces derniers l’ayant dans un double mouvement tout d’abord idéalisé puis annulé. Deux cas de figures pour lesquels il aurait été objectalisé et n’aurait pu se sentir exister subjectivement à travers une reconnaissance de ses qualités individuelles, ni ressentir d’amour en interaction avec ses deux parents. D’où le fait qu’il n’ait pu se construire qu’un pseudo-narcissisme.

N’ayant pu découvrir ce que sont les émotions vraies, ni en partager authentiquement en interaction avec autrui, connaissant uniquement la fausseté, les apparences, les simulations, il les surinvestit pour ne pas dévoiler son gouffre interne. Vide narcissiquement, il erre en réalité telle une coquille d’oeuf (cf le schéma ci-dessous), sans failles mais dépourvue intérieurement de qualités positives. Coquille qu’il pose comme un écran entre lui et les autres. Et… fascine ! Pourtant c’est lui qui est fasciné par les émotions positives et empathiques, complexes des autres. Envieux de ne pas avoir pu en intérioriser de telles.

Cet état interne et relationnel est renforcé par le fait qu’il a, en outre, développé une part paranoïaque. Ceci en raison du fait qu’il fut attaqué par ses d​eux parents. Il est ainsi affolé lorsqu’il se trouve face à ​deux personnes ou plus : craignant d’être à nouveau victime d’une alliance néfaste et annihilante. C’est pourquoi il brise les liens interpersonnels. En faisant revivre la même chose à une personne cible, c’est-à-dire en tentant de nier son existence, il est traversé par un sentiment à la fois de jouissance mais aussi de panique interne. Angoisse alimentée par le fait que si, à son tour, des années plus tard, il peut prendre le pouvoir en reproduisant ce qu’il a vécu, alors d’autres pourraient encore lui faire revivre le même traumatisme. Il préfère donc paradoxalement se ranger du côté des bourreaux. En attaquant sa victime il cherche à voir comment elle parviendra à se défendre/se sortir du même désaveu pour lequel lui n’a pu se préserver. Par ce fait, il cherche également à comprendre ce qu’est le sentiment d’exister.

“Pour le pervers psychosocial, dans la vie sociale, il n’y a pas d’autre scénario relationnel qui existe que celui par lequel l’un est asservi à l’autre, par lequel l’un doit être anéanti par l’autre, dans lequel l’autre doit avoir consenti à sa reddition. Pour s’assurer la place exclusive qui permet d’asservir autrui ou de réduire l’autre à l’impuissance, il est capable [sans foi ni loi] de cruauté et d’abjection” (André Sirota, 2002).

 

Nous avons tous une part de perversion de « secours »

Peut-on soigner un pervers narcissique ?

Hélas, les pervers narcissiques ne viennent pas en consultation pour eux, ni de leur plein gré ! Parfois, nous en croisons en thérapie conjugale, ces derniers estimant que c’est leur compagne/compagnon qui a “un problème” et souhaitant qu’ensuite il/elle vienne seul/e. Espérant secrètement qu’il/elle sera diagnostiqué fou/folle, même s’il/elle peut dès la première séance dire qu’il/elle le suppose. Se moquant jusqu’aux règles instaurées par le thérapeute dont le cadre proposé sera uniquement de les recevoir à deux afin de travailler ensemble sur ce qui se passe au sein de leur relation, et dans chacune de leurs histoires d’origine respectives, toujours en présence de l’autre partenaire. Les psychologues-consultants en entreprises et coachs en rencontrent également. Les psychologues supervisant des groupes et/ou animant de groupes de formation aussi.

Nous supposons qu’il existe différents degrés de perversion narcissique. Nous savons avec certitude que certaines personnes utilisent plus ou moins ponctuellement des défenses perverses, c’est-à-dire quelques mécanismes comme ceux cités précédemment sans être perverses narcissiques. De surcroît, nous avons tous une part de perversion “de secours” à laquelle nous pouvons faire appel pour pouvoir, si besoin, un tant soit peu penser comme le pervers narcissique dans l’unique optique d’anticiper ses prochains coups et mieux nous en défendre. Le recours à cette part culpabilise les victimes qui, en y puisant, en arrivent parfois à se demander si elles ne sont pas elles-mêmes aussi tordues que leur agresseur. Ce qui est faux puisqu’elles préféreraient ne pas penser ainsi et éviter d’avoir à le faire, n’y trouvant aucun plaisir.  Nous avons donc tous accès à ces pensées-défenses en cas de situation extrême. Chez le pervers narcissique, c’est un mode de fonctionnement installé et pathologique.

Comme nous avons commencé à le voir à la question précédente, le pervers narcissique a développé une vision du monde très altérée. Décrété symboliquement grand avant d’avoir fait le travail de grandir, puis annulé comme s’il n’était pas lié à ses parents, le pervers narcissique a nourri ​le fantasme d’auto-engendrement. Non-accueilli par ses parents à la place lui revenant dans la succession des générations, il n’a pu l’intégrer et se retrouve donc dans u​n déni des différences entre les générations. Et également, dans un “​ déni des origines » (Racamier, 1992, p. 124).

De là, il ne supporte pas, ressent comme intolérables :
1/ La loi, les règles :​ iI tend à défaire les institutions les représentant et n’aime pas les conventions, le droit ou les cadres sociaux ordonnant explicitement les places et rôles de chacun.

2/ L’autorité : ​s’il n’occupe pas un poste lui permettant de la représenter et de l’incarner autant qu’il pourrait en user et abuser, il peut faire passer l’autorité ou ceux la représentant comme des entraves à l’initiative, à la création. Ceci, au mépris des faits. En pourfendant l’autorité, il peut susciter l’admiration voire créer autour de lui un groupe de soutien. Ceci étant, ceux qui le suivront le feront à leur détriment.

3/ Les liens, les contenants, la fonction tierce
4/ Les origines, l’histoire, les prédécesseurs, les différences entre les générations : i​l tire des traits sur l’histoire et n’aime pas ceux en position de pouvoir rappeler les faits relatifs aux origines. Ainsi il peut vouloir les prédécesseurs près de lui mais réduits au silence.
5/ Les systèmes démocratiques de différenciation des places, l’ordre culturel et symbolique : ​il est fortement persécuté par les situations de groupe en général, et plus particulièrement celles qui ont un fonctionnement démocratique. Il n’y voit en effet qu’un champ de bataille où il se sent seul face à l’ennemi. A quoi s’ajoute qu’il se sent seul malgré toutes les alliances qu’il a pu manœuvrer pour obtenir que d’autres lui servent d’auxiliaires.

“Plus qu’entraîné, il tire toujours le premier, par surprise, imputant projectivement à ses victimes la responsabilité des coups qu’il vient d’administrer. Ceux qui n’ont aucune raison de se préparer d’avance à la guerre sont toujours désarmés face à ce genre de provocation transgressive, irruptive, parfois séductrice, souvent brillante et destructrice”, André Sirota, 2002.

6/ La coopération, les travaux productifs, féconds : s​a panique interne face au/x lien/s, l’amène à dénoncer les échanges, le travail de groupe comme n’abordant pas l’essentiel. De lutter contre tout plaisir partagé. Ceci, car il ressent une sorte d’étrangeté qu’il ne comprend pas dans toute situation coopérative et féconde, l’obligeant à s’y opposer jusqu’à la dernière énergie. Ainsi, le lieu, les participants ou le moment ne sont jamais les bons.
7/ La dignité, l’intégrité, le narcissisme d’autrui : e​n ne voyant chez l’autre que ce qui lui paraît manquer ou être en trop. En prêtant à l’autre ou aux autres, sans argumentation étayée, de façon diffamante, des pensées ou motivations mauvaises, inavouables. Il suggère que ceux-là ne seraient pas ici à leur place, auraient commis des actes répréhensibles.

De là, il ne supporte pas : tout ce qui ordonne et lui permettrait d’être découvert, tout ce qui ouvre des espaces de rencontres intermédiaires permettant l’expression des individualités, la subjectivité, la reconnaissance mutuelle.

Le psychologue aurait ainsi beaucoup de points structurels et représentationnels à reprendre et à retravailler en relation thérapeutique avec le pervers narcissique.

 

Nous sommes tous de potentielles victimes

Le pervers narcissique s’attaque-t-il uniquement à des gens faibles ?

Le pervers narcissique s’attaque à tout ce et tous ceux qui représentent et constituent ​le sentiment d’exister et les liens. Ainsi, comme nous l’avons vu à travers le schéma ci-dessus, il pourra choisir de cibler une personne en raison d​e ses fragilités (grâce à ses antennes à repérer les faiblesses chez autrui. Fasciné qu’il est que nous puissions être porteurs de failles sans être vides à l’intérieur), tout comme s’en prendre à une personne ayant u​ne grande contenance (intéressante à vider), ou bien fédératrice ou ​force d’idées et de propositions (créant des liens qui l’insupportent), tout autant qu’à une personne ​aimant tellement​ prendre soin d’autrui qu’elle essayera de le comprendre et de l’aider avant même de lui imposer des limites (lui laissant de ce fait davantage de temps pour insinuer en elle le doute et l’affaiblir). De ces faits nous sommes tout un chacun des cibles potentielles !

 

Des tiers réduits à l’impuissance

Est-ce que le pervers narcissique ne révèle sa vraie personnalité qu’à une seule victime, ou peut-il en avoir plusieurs en même temps ?

En attaquant une personne cible, le pervers narcissique réduit également à l’impuissance des tiers. Que ces derniers en soient témoins, otages, aveugles, conscients, qu’ils soient sur la défensive, silencieux, et même complices. Il fait donc d’une pierre plusieurs coups ! Le pervers narcissique aime sidérer, paralyser la pensée et les émotions d’autrui. Il aime créer des déflagrations là où régnait la paix auparavant.

Certaines atteintes, en apparence très anodines (à travers une gestuelle, un regard, un changement de prosodie, de ton, etc.) interrogent sur la réalité des coups qu’il porte. D’autres souterraines, touchent autrui tout en ne lui en laissant qu’une trace sous forme de doute. Parfois, il réalise comme en temps de guerre, un travail de sape, en creusant un tunnel, ici symbolique, menant sous l’ennemi/la personne cible, pour y poser une bombe, puis se retirer tout en observant la scène, et la voir exploser. Par exemple, un ex-conjoint pervers narcissique peut lors d’une réunion éducative organisée pour leur adolescente dyslexique, laisser son ex-compagne s’exprimer sur les aménagements nécessaires à sa bonne scolarité, pour ensuite prendre la parole et dire que, ceci étant dit, l’équipe pédagogique est tellement compétente et les progrès de leur fille visibles (tunnel dirigé vers son ex-compagne, sous couvert de compliments pour aveugler l’équipe), que peut-être exagère-t-on les besoins de cette jeune nécessitant probablement uniquement quelques encouragements (bombe destinée à son ex-compagne). Et triple attaque : de son ex-compagne, de leur fille, de l’équipe. D’autres fois, ses paroles et ses attaques sont tellement visibles et osées que les personnes présentes restent dubitatives sur la possibilité d’un tel mépris et d’une telle abjection. Il pourra par exemple ouvertement monopoliser la parole afin que personne n’ait le temps d’apporter des nuances à son discours, le contrecarrer. Et/ou rester silencieux au cours d’une réunion, voire faire mine de s’y ennuyer, pour que, quelques minutes avant la fin du temps imparti, presqu’au moment où les participants se lèvent, dire que tout ce qui a été évoqué pendant l’heure n’est en réalité qu’une perte de temps totalement improductive. Quoi qu’il arrive, il a besoin d’humilier l’autre, de lui faire éprouver des sentiments de nullité et de honte (la honte représentant le fait de se sentir indigne du genre humain). S’il attaque sa victime qu’en appartée, il le fera en lui parlant du regard et des opinions potentielles d’autrui envers elle.

Il aura dans tous les cas des victimes directes et indirectes. Appréciant que quiconque, individuellement et collectivement se sente désemparé et démuni. Aucune alliance réelle avec lui – pour les personnes mal intentionnées qui en seraient tentées – ne pouvant avoir lieu sans que ce choix ne se retourne dès que possible contre eux.

Parfois il pourra avoir deux victimes cibles en même temps. Ceci afin, tout en en attaquant une, de permettre à la seconde de se remettre quelque peu des attaques subies, se restaurer dans l’optique qu’elle ait de nouveau quelque chose de suffisamment consistant à attaquer et à vider. Pour ensuite laisser du répit à la première pour les mêmes raisons, tout en s’en prenant à la seconde.

Il peut également avoir pour cible non pas une personne mais uniquement un groupe.

 

Le pervers narcissique n’attaque pas qu’en couple

Est-on victime d’un pervers narcissique uniquement lorsque l’on est en couple ?

On peut se retrouver être la cible d’un ou d’une pervers/e narcissique via toute forme de relation. Ceci, en opérant les mêmes mécanismes et tentatives de mise en impuissance d’autrui, que ce soit : en couple en tant que partenaire, en famille en tant qu’enfant, en tant qu’ un ami, en entreprise en tant que collègue (certaines techniques de management actuelles pouvant favoriser et même couvrir l’expression de la perversion narcissique), en tant que participant d’un groupe de détente ou de loisirs, d’une association, dans un groupe de formation.

 

Le pervers narcissique peut-il vraiment aimer ?

Le/la pervers/e narcissique ne sait pas aimer. Il/elle créé un lien de dépendance affective mais pas d’amour. Les victimes disent qu’il/elle arbore à travers la relation amoureuse “un double visage soufflant le chaud et le froid”. Le ou la pervers/e narcissique ignore les sentiments profonds et véritables autres que ceux de revanche et d’hostilité du lien considéré comme dangereux. Lorsqu’il offre par exemple des cadeaux, ce n’est que pour humilier sa/son compagne/gnon. Soit parce que ce présent est démesuré, soit parce qu’il est inadapté à la taille, aux goûts de la personne. Ceci en lui mentant même parfois quant à ses réels moyens financiers. Le tout sous-couvert de séduction. En cas d’une séparation ou d’un décès, il/elle sera incapable d’éprouver de réels sentiments de tristesse et de deuil. Dans le cadre d’un deuil, il pourra un moment se montrer apparemment déprimé/e, mais à un examen attentif, il s’agira d’indifférence émotionnelle. Dans le cadre d’une séparation, il s’agira de ressentiment avec un désir de vengeance. Ayant besoin d’une personne cible, il fera tout pour que cette dernière pense ne pas parvenir à re/devenir indépendante. Si elle évoque la fin de la relation ou un divorce, il la menacera de ne pas pouvoir le quitter, voire de lui mener la vie dure.

Concernant la relation sexuelle, il/elle sera habile, à l’instar de la relation quotidienne, pour faire vivre à l’autre une objectalisation. Ceci, jusqu’à entraîner son/sa partenaire vers des pratiques sexuelles qui ne lui conviennent pas. En proposant à l’autre tout ce qu’il/elle refuse, il pourra le/la culpabiliser du non-épanouissement de leur sexualité. Le/la partenaire pourra en arriver à conclure qu’il/elle a véritablement un problème avec ce qui est d’ordre sexuel. Alors qu’il/elle aura, en réalité, tout simplement répondu à une relation néfaste c’est-à-dire inadaptée et forcée. Une sexualité normale et épanouie s’accomplit lorsque deux partenaires se renforcent dans leur désir, à travers des actes sexuels souhaités et partagés. Usant de véritables tuent-l’amour, le pervers narcissique identifiera quant à lui le désir de l’autre pour d’autant mieux le contrecarrer. Il ira, par exemple, à l’encontre du rythme naturel de l’autre : imposant une période d’abstinence lorsque sa/son partenaire manifestera du désir sexuel, puis pressant l’autre lorsqu’il/elle n’aura pas d’envies. Pouvant même programmer une heure quotidienne pour faire l’amour ! Le/la partenaire pourra recevoir des griffures, des morsures, des coups prétendus involontairement liés à l’excitation, qui correspondront en réalité à une expression de sa violence. Dépassant comme à son habitude les limites et imposant son pouvoir, il pourra ainsi obtenir sans commun accord, de façon tacite, biaisé, un acte sexuel non consenti. Sans omettre de pointer du doigt les imperfections physiques de l’autre. Ce faisant il dépersonnalisera sa/son partenaire, l’éloignant toujours un peu plus de lui-même.

En famille il pourra également exposer les enfants à une sensualité et/ou une sexualité qui n’est pas de leur âge, afin de les en déranger, afin qu’ils ne puissent ensuite pas entrer dans une sexualité épanouie.
À travers son comportement sexuel le/la pervers/e narcissique fera ainsi tout pour détruire le plaisir naissant ou déjà-là de l’autre.

 

Est-ce que si l’on est déjà tombé entre les griffes d’un pervers narcissique, on risque à nouveau d’en rencontrer ?

Si cela arrive à nouveau à une personne via une relation amoureuse ou conjugale, elle pourra se demander ce qu’elle a vécu dans son histoire pour rechercher un/e partenaire semblant dans l’absolue maîtrise, sans failles, fascinant voire s’exprimant très bien, montrant une très grande assurance, de l’envergure. Pourquoi elle se laisse entraîner dans des débuts d’histoires très rapides voire fulgurants.

Si c’est dans d’autres contextes, elle pourra s’interroger sur une éventuelle vulnérabilité qu’elle donnerait à voir pour une/des caractéristiques qu’elle n’assumerait pas pleinement : que ce soit des qualités ou des défauts. Sur sa bonne connaissance des règles de courtoisie et de bien vivre ensemble l’empêchant de repérer d’éventuelles attaques visibles ou déguisées. Sur ses aptitudes à se défendre en cas d’attaque d’autrui : que ce soit un pervers narcissique ou non.

 

De graves conséquences sur les victimes

Quelles conséquences le comportement d’un pervers narcissique peut avoir sur sa victime ?

La victime va douter de ses qualités, ses compétences, ses choix, ses goûts, ses spécificités jusqu’à ne plus se sentir à la hauteur. Petit à petit dévalorisée et déconnectée de ses propres envies et besoins, elle va se décontenancer et se sentir nulle. En écho à l’incapacité du pervers narcissique à ressentir des émotions authentiques et variées, elle aura tendance soit à déborder émotionnellement en exprimant des émotions fortes jusqu’à être exagérément accusée d’être hystérique, soit à se renfermer en resterait silencieuse, médusée, accusée d’être inhibée et apathique, de ne rien dire, ne rien faire. Par un transfert de douleur, et comme il ne peut pas déprimer, le pervers narcissique pourra également faire déprimer autrui à sa place puis l’accuser d’être faible, dépressif. Ses dénis pouvant mener les personnes cibles jusqu’à l’hôpital psychiatrique voire au suicide. Les victimes pourront aussi ressentir des choses désagréables telles de la colère, de la haine, insinuées par le pervers narcissique.

 

A SAVOIR

Le mythe grec de Narcisse. Lors d’une chasse en forêt, Narcisse un homme d’une grande beauté, eut soudainement très soif et Némésis, la déesse de la vengeance, lui suggéra de se désaltérer dans une source. Narcisse s’approchera alors de cette source et tomba follement amoureux de son reflet. Il passa ensuite des heures et des jours à se contempler, à s’admirer, pour finalement en mourir.

Comments

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One Response to "Pervers narcissique, l’art de la manipulation !"

  1. pic  20 novembre 2017

    merci pour cette approche fouillée,que les délétères passent leur chemin !

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