Selon l'Autorité de Sûreté Nucléaire, qui brossait jeudi 21 juin un bilan de l’année 2017, la sûreté des quatre centrales de la région Auvergne Rhône-Alpes est globalement satisfaisante. L’information au public, en revanche, reste à améliorer...

 

Les centrales nucléaires en Auvergne-Rhône-Alpes
Auvergne-Rhône-Alpes compte quatre centrales nucléaires sur son territoire ©Thomas Millot

 

L’Autorité de Sûreté Nationale (ASN), a réalisé 111 inspections en 2017 dans les différentes centrales nucléaires de la région Auvergne-Rhône-Alpes. Une expertise dont elle présentait les résultats ce jeudi 21 juin, dans ses locaux de Lyon.

La première conclusion révèle un état de sûreté positif, mais contrasté. La centrale nucléaire de Saint-Alban, en Isère, présente un niveau de sûreté bien supérieur au reste du parc de centrales géré par EDF, le principal gestionnaire français. Ses autres centrales de Cruas, en Ardèche, et du Bugey, dans l’Ain, se situent dans la moyenne nationale, ce qui constitue une amélioration par rapport aux années précédentes.

Seul bémol constaté par les observateurs de l’ASN, ‘’des lacunes dans la surveillance en salle de commande des réacteurs’’ de la centrale du Tricastin, qui fait l’objet d’une surveillance particulière, sans être inquiétante, depuis l’automne 2017.

 

Nucléaire : un manque d’information en matière de radioprotection

La radioprotection dans les établissements de santé suscite également l’attention des experts de l’Autorité de Sûreté Nucléaire. Des inspections ont donc été effectuées dans la région par ses soins dans les centres de radiothérapie et dans ceux de curiethérapie, destinés à traiter les tumeurs cancéreuses.

L’un des principaux éléments relevés réside dans le manque de culture du risque pour les patients, mais surtout pour le personnel de santé, notamment en blocs opératoires. Dans ces structures hospitalières, le risque a tendance à être banalisé car les niveaux d’exposition du personnel aux rayonnements sont inférieurs aux règles réglementaires.

Néanmoins, il ne faut pas pour autant sous-estimer les dangers. Effectivement, l’exposition devient minime si les professionnels portent le matériel de protection adapté aux rayonnements ionisants. La sensibilisation des praticiens figure désormais au cœur des enjeux de l’ASN. Des guides pratiques sont alors mis en place depuis quelques années, comme celui de la radioprotection du patient qui permet aux radiologues de mieux connaître les pratiques à risques.

 

Une culture du risque à développer

Concernant le grand public, l’ASN souhaite également poursuivre ses efforts en matière de prévention concernant les dangers potentiels en cas d’accidents. On considère qu’un danger nucléaire est présent lorsqu’il y a un risque d’émission de matières radioactives pouvant porter atteinte à la santé de la population. Ces accidents peuvent survenir dans des laboratoires de recherche nucléaire, dans une centrale nucléaire de production d’électricité ou encore lors du transport de matières radioactives.

D’année en année, l’organisme développe ses documents pédagogiques adressés aux citoyens. L’ASN encourage aussi les missions éducatives dans les collectivités (écoles, communes…), à travers la projection de films documentaires sur les centrales nucléaires. Plusieurs questions sont alors abordées : les centrales nucléaires sont-elles sûres ? Un accident est-il possible ? Quels sont les effets de la radioactivité sur notre corps et sur l’environnement ?

 

A SAVOIR

Vous pouvez retrouver tous les bons réflexes à adopter en cas d’alerte nucléaire sur le site de l’Autorité de Sûreté Nationale, l’organisme chargé par l’État de veiller au contrôle de la sûreté nucléaire et de la radioprotection auprès du grand public, des salariés, des patients et de l’environnement. Dans un premier temps, mettez-vous à l’abri dans un bâtiment bien calfeutré, puis tenez-vous informé par les médias. N’allez surtout pas chercher vos enfants, ils sont en plus grande sécurité à l’école ! Limitez vos communications téléphoniques car certains appels peuvent plus urgents que les votre. La prise de comprimés d’iode peut également être préconisée si vous habitez dans un rayon de 10 kilomètres autour des centrales nucléaires. Depuis 1997, des campagnes de distribution d’iodes sont régulièrement organisées. Retrouvez toutes les informations nécessaires à l’adresse suivante : www.asn.fr

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