Plusieurs décès par infection invasive à méningocoques ont été enregistrés en Auvergne Rhône-Alpes ces derniers mois. Or, la vaccination contre la méningite, recommandée mais non obligatoire en France depuis 2009, pourrait permettre de sauver de nombreuses vies chaque année. Explications.

Se faire vacciner est le meilleur moyen d'échapper à la méningite.
Des vaccins existent pour la plupart des formes de méningites bactériennes ©James Gathany

 

Chaque année, une cinquantaine de cas d’infection invasive à méningocoque sont déclarés à l’Agence régionale de Santé Auvergne Rhône-Alpes (ARS). Rare en France, mais aux conséquences dramatiques, la méningite n’épargne personne. Parmi les personnes les plus à risques figurent notamment les enfants et jeunes adultes, les personnes immunodéprimées, les personnes âgées.

Contrairement à la méningite virale, la méningite bactérienne est responsable de plusieurs décès chaque année en France. Sa vaccination est recommandée depuis 2009 et fait partie du calendrier vaccinal pour les enfants de moins de 12 mois. Mais elle n’est pas obligatoire, nuance qui laisse la porte ouverte à d’inévitables interrogations liées principalement à la controverse sur les effets secondaires de la vaccination.

Les instances sanitaires multiplient néanmoins les appels préventifs : « cette vaccination, recommandée par le Haut Conseil de la Santé Publique à toutes les personnes de 12 mois à 24 ans quelque soit leur lieu de domicile, figure au calendrier vaccinal depuis 2010. Une seule injection suffit et le vaccin est remboursé par l’Assurance Maladie jusqu’à 24 ans », a rappelé l’Agence Régionale de Santé Auvergne Rhône-Alpes après le décès d’un collégien à l’Arbresle, suite à une infection invasive à méningocoque (IIM) de groupe C.

 

Méningite, une couverture vaccinale trop faible en France

Sur le terrain, de plus en plus de praticiens relaient cet appel à la vaccination contre la méningite C. Ce serait le cas de 57% des médecins généralistes, selon une étude récente de l’Inserm et de la Drees (Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques).

En attendant, la couverture vaccinale reste encore faible en France (35% des enfants de 2 à 4 ans selon l’Association Française de Pédiatrie). Les vaccins préventifs aux infections liées au pneumocoque ou encore à l’haemophilus influenzae, du coup de moins en moins fréquentes, existent de longue date. Il est donc également possible depuis quelques années d’être vacciné contre la méningite à méningocoque de type C, ainsi que pour le type A (rare en Europe). Un vaccin contre le méningocoque B (30% des cas) existe aussi : il est déjà recommandé pour les immunodéprimés, ainsi que pour les personnes ayant été en contact avec un malade.

Vous souhaitez vous faire vacciner ? Demandez conseil à votre médecin traitant.

 

A savoir
Plusieurs études menées aux Etats-Unis, en France ou en Grande-Bretagne ont révélé que les différentes vaccinations contre la méningite avaient permis de diminuer notablement le nombre de cas et de freiner les risques épidémiques. Aux USA, les infections à pneumocoques auraient ainsi diminué de 25% chez les moins de 2 ans. En France, le vaccin contre l’haemophilus influenzae aurait aussi permis d’éviter 1000 cas et 250 décès en 10 ans.

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