Centre des brûlés de St-Joseph St-Luc
........................................................................................................................ 05/11/2006
| Chaque année, en France, 150 000 personnes sont victimes de brûlures thermiques, chimiques ou électriques. Si la moitié n'en gardera qu'un souvenir cuisant, l'autre devra être hospitalisée. Parmi ces patients, 3 000 le seront dans l'un des 334 lits de brûlés répartis sur le territoire français. Particulièrement bien dotée avec deux centres de brûlés cumulant 12% des lits (Edouard-Herriot et Saint-Joseph Saint-Luc), la région Rhône-Alpes prend en charge 25% des victimes de brûlures. |
Galerie
Lyon, hôpital Saint-Joseph Saint-Luc, premier étage. Au bout du couloir une imposante porte battante. Derrière, le premier centre européen de traitement des brûlés créé 1952. Fleuron de l'hôpital et centre collaborateur de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) depuis 1997, ce service à l'atmosphère étrangement silencieuse et tiède, accueille chaque année 1 500 patients plus ou moins gravement brûlés.
«Nous sommes capables de prendre en charge tous les patients quelque soit leur âge et la gravité de leurs brûlures, du stade aigu jusqu'aux séquelles», précise le docteur François Ravat, anesthésiste-réanimateur qui dirige ce centre en binôme avec le docteur Jean-Louis Foyatier, chirurgien.
Une prise en charge qui a radicalement évolué. De l'asepsie au traitement de la douleur, en passant par l'amélioration des cicatrices, une véritable filière de soins a été constituée.
«Nous sommes capables de prendre en charge tous les patients quelque soit leur âge et la gravité de leurs brûlures, du stade aigu jusqu'aux séquelles», précise le docteur François Ravat, anesthésiste-réanimateur qui dirige ce centre en binôme avec le docteur Jean-Louis Foyatier, chirurgien.
Une prise en charge qui a radicalement évolué. De l'asepsie au traitement de la douleur, en passant par l'amélioration des cicatrices, une véritable filière de soins a été constituée.
Une organisation en filière de soins
Quand un brûlé grave arrive au centre, c'est une véritable course contre-la-montre qui s'engage. En effet, les 48 premières sont cruciales car un patient qui n'a plus de peau a beaucoup de mal à réguler sa température, et «se mange lui-même». Un phénomène que les spécialistes nomment «l'auto-cannibalisme». Le seul moyen de le sauver, c'est de le greffer rapidement.
Pendant que le chirurgien intervient, l'anesthésiste-réanimateur maintien le malade en vie. «Dès son admission, le patient est immédiatement pris en charge par les anesthésistes-réanimateurs et les chirurgiens plasticiens, détaille le docteur Ravat. Nous pratiquons la chirurgie dès le jour 0. Et ce sont les mêmes chirurgiens qui interviendront ensuite pour la chirurgie réparatrice.»
La cicatrisation comme la rééducation est prise en compte dès l'arrivée de l'accidenté. «Avant, on attendait que le malade cicatrise, puis on réparait», se remémore le chef de service qui précise qu'aujourd'hui les soins, effectués sous morphine, sont non douloureux.
Nutritionnistes, psychiatres, kinésithérapeutes... le souci premier de la prise en charge multidisciplinaire est de réintégrer le malade dans la vie sociale. Et tout comme les chirurgiens prévoient les futures cicatrices, les kinésithérapeutes attachés au service, travaillent en amont, avec les médecins de la rééducation fonctionnelle, pour minimiser les séquelles fonctionnelles.
Pendant que le chirurgien intervient, l'anesthésiste-réanimateur maintien le malade en vie. «Dès son admission, le patient est immédiatement pris en charge par les anesthésistes-réanimateurs et les chirurgiens plasticiens, détaille le docteur Ravat. Nous pratiquons la chirurgie dès le jour 0. Et ce sont les mêmes chirurgiens qui interviendront ensuite pour la chirurgie réparatrice.»
La cicatrisation comme la rééducation est prise en compte dès l'arrivée de l'accidenté. «Avant, on attendait que le malade cicatrise, puis on réparait», se remémore le chef de service qui précise qu'aujourd'hui les soins, effectués sous morphine, sont non douloureux.
Nutritionnistes, psychiatres, kinésithérapeutes... le souci premier de la prise en charge multidisciplinaire est de réintégrer le malade dans la vie sociale. Et tout comme les chirurgiens prévoient les futures cicatrices, les kinésithérapeutes attachés au service, travaillent en amont, avec les médecins de la rééducation fonctionnelle, pour minimiser les séquelles fonctionnelles.
Un service de pointe
Si les patients sont hospitalisés dès que plus de 30% de la surface corporelle est brûlée (15% s'il s'agit d'un enfant), «la gravité d'une brûlure est liée à la défaillance d'un ou plusieurs organes», explique le docteur Ravat. Aujourd'hui, la majorité de l'activité du service se fait en ambulatoire, mais 300 patients, sur les 1 500 accueillis chaque année, sont hospitalisés parfois pour plusieurs mois.
Un bloc chirurgical de deux salles, quinze chambres stériles dont 8 lits de réanimation, deux salles de kiné, un atelier de prothèse, des moyens techniques performants... le département des brûlés dispose de tous les moyens nécessaires pour soigner les malades qui viennent parfois de loin. «Nous couvrons une zone qui s'étend de la frontière italienne à Dijon, Clermont-Ferrand, Valence et même une partie de l'Alsace», souligne le responsable. Les chambres peuvent aussi bien servir à la réanimation qu'aux soins continus ou abriter une mère ou un père avec leur enfant brûlé. «30% des patients sont des enfants de moins de 5 ans», regrette le docteur Ravat qui note qu'en France la prévention a encore beaucoup à faire.
Un bloc chirurgical de deux salles, quinze chambres stériles dont 8 lits de réanimation, deux salles de kiné, un atelier de prothèse, des moyens techniques performants... le département des brûlés dispose de tous les moyens nécessaires pour soigner les malades qui viennent parfois de loin. «Nous couvrons une zone qui s'étend de la frontière italienne à Dijon, Clermont-Ferrand, Valence et même une partie de l'Alsace», souligne le responsable. Les chambres peuvent aussi bien servir à la réanimation qu'aux soins continus ou abriter une mère ou un père avec leur enfant brûlé. «30% des patients sont des enfants de moins de 5 ans», regrette le docteur Ravat qui note qu'en France la prévention a encore beaucoup à faire.
Du soin à la prévention
Mondialement reconnu, le Centre de brûlés de Saint-Joseph Saint-Luc a aussi une mission d'enseignement des internes et médecins étrangers, ainsi qu'une mission de recherche fondamentale et clinique. La cicatrisation de la brûlure et les nouveaux produits utilisés, la douleur, le traitement des lésions respiratoires dues à l'inhalation des fumées sont quelques-uns des thèmes de recherche.
Le service s'intéresse également à la prévention.
Seul centre référent mondial pour la brûlure auprès de l'OMS depuis 1997, il répond à toutes les demandes faites sur la prévention et l'épidémiologie. Donner des avis, répondre à des recherches de documentation, «cette mission nous donne du poids, mais aussi des obligations». Les Lyonnais travaillent pour l'OMS sur l'évaluation de la qualité de vie des patients brûlés. Et collaborent à deux actions de prévention, l'une sur le refroidissement de la brûlure, l'autre sur les dangers de l'eau chaude sanitaire.
«Grâce à notre travail, depuis juin, un décret impose que, dans les logements neufs, l'eau ne doit pas sortir à plus de 50° des robinets», se félicite le docteur Ravat. Une mesure semblable prise en Angleterre a déjà permis de réduire de 20% les brûlures de l'enfant.
Le service s'intéresse également à la prévention.
Seul centre référent mondial pour la brûlure auprès de l'OMS depuis 1997, il répond à toutes les demandes faites sur la prévention et l'épidémiologie. Donner des avis, répondre à des recherches de documentation, «cette mission nous donne du poids, mais aussi des obligations». Les Lyonnais travaillent pour l'OMS sur l'évaluation de la qualité de vie des patients brûlés. Et collaborent à deux actions de prévention, l'une sur le refroidissement de la brûlure, l'autre sur les dangers de l'eau chaude sanitaire.
«Grâce à notre travail, depuis juin, un décret impose que, dans les logements neufs, l'eau ne doit pas sortir à plus de 50° des robinets», se félicite le docteur Ravat. Une mesure semblable prise en Angleterre a déjà permis de réduire de 20% les brûlures de l'enfant.
Catherine Foulsham
Bon à savoir
- L'incendie est la seconde cause de décès par accident domestique chez les enfants, soit 100 victimes par an.
- Une exposition à la fumée, même brève (moins de 5 minutes), peut provoquer des handicaps à vie, des déficiences motrices (asthme, insuffisance rénale, hépatique, cardiaque ou respiratoire) et des séquelles esthétiques.
- 3 secondes sont suffisantes pour causer une brûlure au 3e degré (avec destruction des terminaisons nerveuses du derme) chez un enfant avec de l'eau à 60°C.
- Quelque soit le type de brûlure, retirer les vêtements qui la recouvrent sauf s'ils sont synthétiques et sauf si les brûlures sont consécutives à une flamme.
- Faire couler de l'eau à température ambiante (20°C), sur la zone brûlée pendant 10 minutes.
- Toujours régler son chauffe-eau à moins de 50° C, ou équiper ses robinets de mitigeurs thermostatiques.
- Une exposition à la fumée, même brève (moins de 5 minutes), peut provoquer des handicaps à vie, des déficiences motrices (asthme, insuffisance rénale, hépatique, cardiaque ou respiratoire) et des séquelles esthétiques.
- 3 secondes sont suffisantes pour causer une brûlure au 3e degré (avec destruction des terminaisons nerveuses du derme) chez un enfant avec de l'eau à 60°C.
- Quelque soit le type de brûlure, retirer les vêtements qui la recouvrent sauf s'ils sont synthétiques et sauf si les brûlures sont consécutives à une flamme.
- Faire couler de l'eau à température ambiante (20°C), sur la zone brûlée pendant 10 minutes.
- Toujours régler son chauffe-eau à moins de 50° C, ou équiper ses robinets de mitigeurs thermostatiques.











