Au centre Léon Bérard de Lyon, trois robots sont désormais présents aux côtés des enfants malades. Une première mondiale. Objectif: maintenir le lien social entre les jeunes hospitalisés pour un cancer et leur entourage.

La robotique entre la chambre des jeunes malades de Léon Bérard
A Lyon, trois robots mobiles dotés d’une webcam permettent aux jeunes malades de communiquer avec l’extérieur ©P.Auclair

C’est une première en France et peut-être même dans le monde dans le domaine de la santé. Depuis cet été, trois robots de téléprésence (baptisés Hubble, Be-Hope et RB22) conçus par la société Awabot sont à la disposition des jeunes malades placés en chambre d’isolement  à l’Institut d’Hématologie et d’Oncologie Pédiatrique de Lyon (IHOPe). Cette rencontre improbable de la médecine et de la robotique a un seul but: « améliorer la prise en charge et maintenir le lien social et familial entre les jeunes hospitalisés pour un cancer et leur entourage« , explique le professeur Jean-Yves Blay, directeur général du Centre Léon Bérard.

 

Maintenir le lien social et familial

Les traitements des cancers et hémopathies malignes nécessitent pour l’enfant et l’adolescent de longues périodes d’isolement en chambre stérile, jusqu’à plusieurs mois parfois. Pendant cette période, le jeune malade est coupé de son milieu familial, amical ou scolaire. Cette innovation permet donc de  « rompre la monotonie et la solitude dans le cadre de ces longues périodes d’hospitalisation avec des bénéfices sur le plan psychologique pour mieux vivre la maladie et peut-être même guérir« , poursuit Perrine Marec-Bérard, pédiatre oncologie, coordinatrice de ce projet nommé VIK-e (Victory in Innovation for Kids – electronic).

Concrètement, les patients et leur entourage ont à leur disposition trois robots d’une autonomie de 2 à 8 heures commandés à distance. « Le jeune malade contrôle les mouvements du robot grâce à BEAM, une application téléchargée sur son ordinateur. Il utilise ensuite son clavier pour diriger le robot, un peu comme dans un jeu vidéo« , explique Jérémie Koessler, le directeur général d’Awabot.

Joris, 18 ans, a ainsi pu vivre de l’intérieur, comme s’il était présent aux côtés des sportifs du Club France, les récents jeux Olympiques de Rio depuis sa chambre. « Hubble, mon robot, m’a fait voyager cet été jusqu’à Rio. J’ai pu rencontrer des athlètes, interroger des champions comme Renaut Lavillenie. Avec ce dispositif, je suis maître de mes mouvements, piloter le robot à ma guise et même accélérer dans les lignes droites. C’est génial de pouvoir ainsi conserver un lien avec l’extérieur mais aussi pouvoir voir et échanger avec mes proches, mes parents, mes frères« .

 

Robots à l’hôpital, un projet pilote

Dans un premier temps, le projet développé à Lyon concerne douze jeunes par an, six âgés de 10 à 15 ans et six âgés de 16 à 25 ans, tous hospitalisés à l’IHOPe ou dans les unités d’hématologie du Centre Léon Bérard. Les patients et les familles doivent être volontaires pour participer à cette opération pilote qui concerne en priorité les jeunes en long séjour ou hospitalisés en isolement. « C’est un extraordinaire projet que nous allons évaluer durant deux ans, le but étant d’identifier d’éventuels écueils et de vérifier si ce dispositif apporte un réel bénéfice au jeune et à sa famille. A l’issue de ces travaux, nous envisagerons de maintenir, voire d’tendre l’offre« , conclut Perrine Marec-Bérard qui précise que le projet fera aussi l’objet d’une publication scientifique.

 

A SAVOIR

Le système Awabot repose sur un ordinateur installé dans la chambre de l’enfant et un robot de téléprésence mobile, doté d’une webcam, qui peut être transporté au domicile des parents du patient, mais aussi à l’école, sur un lieu sportif ou culturel par exemple. L’ordinateur et le robot sont tous les deux connectés à un réseau Wifi ou 4G. L’application BEAM qui permet de piloter le robot à distance, peut être téléchargée sur un ordinateur, une tablette ou un smartphone.

 

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