Traitement innovant pour lutter contre le cancer, l'immunothérapie provoque des toxicités parfois graves pour le patient. Pour les comprendre et les maîtriser, les Hospices Civils de Lyon développent un projet ImmuCare.

 

Gérer les toxicités de l'immunothérapie : les hospices civils de Lyon au cœur du projet ImmuCare
Projet ImmuCare, un projet unique en France pour gérer les toxicités de l’immunothérapie ©Pixabay

 

L’immunothérapie, depuis quelques années, est une arme thérapeutique de plus en plus utilisée pour lutter contre le cancer. Comme sa consœur la chimiothérapie, elle est administrée par perfusion et agit sur l’ensemble de l’organisme dans le but de le rendre capable de détruire les cellules cancéreuses. Des progrès admirables ont été observés ces dernières années si bien que les immunothérapies ne tarderont pas à révolutionner la prise en charge de nombreux cancers. Le projet ImmuCare est l’un d’eux.

 

Immunothérapie, quand le système immunitaire devient médicament

Traiter le cancer en stimulant les défenses naturelles du patient, tel est le principe de l’immunothérapie. Délivrée par voie intraveineuse, elle consiste à injecter des anticorps dans l’organisme pour qu’il soit apte à combattre les cellules cancéreuses. Le système immunitaire devient alors un médicament d’origine naturelle. Une fois stimulées, les défenses naturelles peuvent s’avérer très efficaces pour éliminer le cancer mais peuvent induire des effets néfastes ou toxicités, parfois graves et incommodants pour le patient.

 

Des effets secondaires à surveiller

Comme tout traitement, les immunothérapies induisent des toxicités plus ou moins graves. Certains patients se plaignent de toux, de fatigue, d’essoufflement, de diarrhée, des signes cliniques peu alarmants mais qui doivent faire l’objet d’une surveillance particulière. D’autres malades souffrent d’éruptions cutanées sévères, d’inflammations ou encore d’hépatites aiguës qui menacent le fonctionnement du foie. Pour assurer la bonne prise en charge de ces effets secondaires, les patients et les médecins traitants doivent impérativement être informés de ces risques afin de consulter un avis spécialisé rapidement.

 

Le projet ImmuCare est unique en France

Pour mieux contrôler les toxicités liées aux immunothérapies, les Hospices Civils de Lyon ont ainsi créé ImmuCare, un dispositif inédit en France qui s’appuie sur la compétence multidisciplinaire du centre hospitalo-universitaire. Au total, 285 000 € seront mobilisés pour mener à bien ce projet qui s’annonce prometteur.

«Malgré les très bons résultats observés en termes d’immunothérapies, nous devons mieux maitriser les effets secondaires et être à même de mieux prédire, pour chaque patient, les bénéfices espérés et les risques attendus. C’est LA condition pour pouvoir envisager un développement des traitements par immunothérapies. Il est en effet dévastateur pour les malades qui luttent contre un cancer de voir se développer d’autres pathologies éventuellement graves, précisément à cause des traitements contre le cancer», explique le Professeur Stéphane Dalle, également coordonnateur du projet ImmuCare.

 

Immunothérapie, des protocoles à respecter

Pour assurer un accompagnent efficace et personnalisé des malades, ImmuCare se compose de plusieurs dispositifs: une plateforme de demande d’avis médicaux et une ligne téléphonique dédiées aux professionnels de la santé, permettant ainsi la prise en charge urgente et adaptée des patients, une application mobile pour optimiser le suivi à domicile, une télésurveillance par le biais d’un questionnaire hebdomadaire à travers lequel le patient évalue les symptômes qu’il ressent. En fonction du score obtenu, il recevra un message ou obtiendra un rendez-vous en cas de nécessité.

« C’est une chance de participer à ce protocole. Le questionnaire nous permet d’évaluer 11 symptômes, à l’aide d’un curseur. On peut aussi mettre un commentaire. C’est un outil rassurant qui permet une prise en charge rapide en cas de besoin. Il rappelle le côté humain de cet hôpital», confie Monsieur Lucas, patient des HCL traité par immunothérapie.

Encore en développement, le projet ImmuCare devrait être complété d’un observatoire des patients afin de réaliser une étude détaillée des effets secondaires survenus suite à une immunothérapie

 

A SAVOIR

Le 6 septembre dernier, le projet ImmuCare a reçu le label Excellence Recherche Cancer Territoire. Ce dernier a pour but de recenser et de promouvoir les projets de recherche en cancérologie les plus innovants et les plus pertinents dans les établissements publics de santé.

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