A Lyon, le nouveau Pavillon H de l'hôpital Edouard Herriot vient d'ouvrir ses portes après quatre années de travaux. Les équipes de chirurgie digestive, ORL et urologique ont investi les lieux, en attendant l'intégration des activités de chirurgie de l'Hôpital des Armées Desgenettes en novembre.

 

A Lyon, les blessés graves arrivent en hélicoptère sur le toit du pavillon H d'Edouard Herriot.
A Lyon, le nouveau Pavillon H d’Edouard Herriot dispose d’une hélistation sur le toit ©P.Auclair

 

A Lyon, l’hôpital Edouard Herriot vient de tourner une page majeure de son immense chantier de rénovation en ouvrant son nouveau Pavillon H. La construction de cet imposant bâtiment de 18 000 mètres carrés (dont 15 600 mètres carrés dédiés au soins) érigé au centre des 22 pavillons de HEH constitue en effet la pierre angulaire du projet de modernisation du centre hospitalier emblématique de la Métropole de Lyon. Le montant de l’investissement est à la hauteur des enjeux: 120 millions d’euros, dont 78 millions pour la réalisation de ce bâtiment avant-gardiste et lumineux de quatre étages, doté de deux patios intérieurs, long de près d’une centaine de mètres, avec une hélistation sur le toit et 2 niveaux de sous-sol abritant 190 places de stationnement.

La salle de déchocage va accueillir les cas les plus urgents
Le docteur Marcotte dans la salle de déchocage du Pavillon H ©P.Auclair

A terme, la plupart des activités chirurgicales et d’imagerie jusque-là dispersées sur plusieurs pavillons seront regroupée sur ce plateau technique unique avec des capacités d’accueil totalement rénovées. « Ce nouveau Pavillon H est 5 à 6 fois plus grand que l’ancien. L’une des prouesses a été de mener le chantier sur un site en exploitation, explique Valérie Durand-Roche, directrice d’Edouard Herriot. Au delà du projet architectural, l’enjeu de cette rénovation  était d’avoir un concentré de technique et de technologie, un bâtiment moderne pour un parcours de soins attendu et une prise en charge médicale optimisée. Il y avait aussi un enjeu organisationnel avec de nouvelles méthodes de travail, de nouveaux repères« .

Au niveau 0, le nouveau Pavillon H abrite notamment une salle de déchocage de cinq lits avec une équipe médicale dédiée 24h/24. Des équipements de pointe ont été installés pour soigner en urgence les 700 traumatisés sévères – dont 150 en urgence vitale extrême – qui affluent de toute la région et même au delà, de Mâcon à Montélimar, de Chambéry à Clermont en passant par Roanne ou Aubenas.  » Beaucoup sont transportés en hélicoptère. Il y a les accidentés de la route mais aussi les victimes de rixes, les défenestrations… Dans tous les cas, la première heure est cruciale. La moitié des blessés décèdent dans ces soixante minutes suivant leur arrivée. Il faut donc agir vite pour réduire ce taux de mortalité. Chaque minute compte. Et le fait d’avoir un tel plateau technique, avec le scanner et le bloc opératoire d’urgence à proximité, va y contribuer« , explique le docteur Guillaume Marcotte, anesthésiste-réanimateur et responsable de l’unité de déchocage.

 

Favoriser la chirurgie ambulatoire

La directrice de l'hôpital Edouard Herriot se réjouit de l'ouverture du nouveau pavillon H
Valérie Durand-Roche, directrice de l’hôpital Edouard Herriot ©P.Auclair

Une fois le chantier achevé, le Pavillon H abritera 20 salles de bloc opératoire multidisciplinaire, 2 services de réanimation, médicale et chirurgical, 1 service de chirurgie d’urgence, 1 plateau imposant de chirurgie ambulatoire et  l’ensemble de l’imagerie d’urgence et interventionnelle. « A terme, jusqu’à

600 personnes seront amenée à travailler sur le Pavillon H, dont en moyenne 350 quotidiennement, pour gérer chaque année 5 000 séjours de soins critiques et 19 000 séjours en chirurgie. L’autre enjeu, dans les 20 salles de blocs opératoires, est d’augmenter de manière significative la chirurgie ambulatoire. Elle ne représente pour l’instant qu’à peine 30% des interventions, alors que la moyenne nationale tourne autour de 42%« , souligne Valérie Durand-Roche.

En attendant de relever ce challenge, les équipes de chirurgie digestive, ORL et urologique ont été les premières à investir les lieux. La montée en charge se fera de manière progressive, jusqu’à l’intégration des activités de chirurgie de l’Hôpital d’Instruction des Armées Desgenettes, en novembre 2018.

 

Hôpital Edouard Herriot, un chantier XXL

Les traumatisés sévères sont traités en urgence au niveau 0 du nouveau Pavillon H
Le niveau 0 du Pavillon H accueille les cas d’extrême urgence ©P.Auclair

Pour rappel, depuis 2013, les Hospices Civils de Lyon ont engagé un projet majeur de modernisation de l’hôpital Edouard Herriot. Cette opération de modernisation, adoptée par les instances des HCL en décembre 2011, repose sur la réorganisation du plateau technique (blocs, soins critiques, urgences, imagerie) entre 2013 et 2019. « La modernisation d’Edouard Herriot permet de proposer aux Lyonnais un hôpital moderne et fonctionnel qui répond aux enjeux de la médecine du 21ème siècle. Les conditions de travail des professionnels sont améliorées, ainsi que le confort des patients« , explique la direction des Hospices Civils de Lyon, qui précise que ce chantier de grande ampleur répond aussi aux problématiques d’avenir. Evolution des pathologies dans les 20 années à venir, vieillissement de la population, évolution des modes de prise en charge (montée en puissance de l’ambulatoire, développement de la radiologie interventionnelle…). Ce projet s’inscrit aussi en cohérence avec les activités des autres sites des HCL« .

 

A Lyon, un  centre unique de traitement des brûlés

Concrètement, la première phase de travaux a concerné  la réorganisation des plateaux techniques. Depuis l’été 2015, toute l’imagerie diagnostique programmée a été regroupée sur le pavillon B entièrement rénové, offrant ainsi des plages d’examens élargies et des délais de rendez‐vous raccourcis. Une soixantaine d’examens est réalisée chaque jour. Par ailleurs, le Centre des Brûlés de Lyon Pierre Colson réunit une équipe de plus de 150 médecins et professionnels soignants et non-soignants. Il est devenu en mai 2017 le centre unique de traitement des brûlés de Lyon et a été labellisé centre de niveau européen. Il regroupe les activités de prise en charge de la brûlure (urgence, réanimation, rééducation et chirurgie) sur un site unique : le pavillon I de l’hôpital Edouard Herriot. Le centre traite les brûlés de toute gravité, adultes et enfants, ainsi que les patients atteints de dermatoses bulleuses étendues, en provenance des régions Auvergne Rhône- Alpes, Centre et Bourgogne-Franche-Comté.

Enfin, les urgences médicales et chirurgicales des pavillons A (Service Médical d’Accueil) et N vont être regroupées au cours de l’année 2019 au sein du pavillon N qui aura été réhabilité. L’accueil et du traitement des urgences sera aussi réorganisé dans le cadre du partenariat avec l’Hôpital d’Instruction des Armées Desgenettes.

 

A SAVOIR

Depuis plusieurs années, les Hospices Civils de Lyon et l’Hôpital d’Instruction des Armées (HIA) Desgenettes développent une forte coopération, en particulier autour des équipes médicales civiles et militaires. Dès novembre 2018, six spécialités de chirurgie de l’hôpital militaire Desgenettes seront intégrées à l’hôpital Edouard Herriot : chirurgie digestive, orthopédie, ORL, ophtalmologie, hépato-gastroentérologie, odontologie, soins critiques et urgences chirurgicales. Pour permettre l’intégration des professionnels militaires, il a fallu repenser l’organisation sans modifier les plans architecturaux du Pavillon H. Ainsi, certains blocs ont été déployés sur d’autres Pavillons : l’ophtalmologie et l’odontologie au Pavillon C,  l’endoscopie digestive au Pavillon L et une partie des soins critiques et de la réanimation chirurgicale au Pavillon G.

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