Seule maternité de service public en centre-ville à Lyon, Saint Joseph-Saint Luc a ouvert sept nouveaux lits et une salle d'accouchement supplémentaire. Objectif: dépasser les 2500 naissances par an. Un chantier (parmi d'autres) qui illustre les ambitions retrouvées d'un établissement à peine sorti d'une "zone de turbulences".

La maternité de Saint-Joseph-Saint Luc vient d'ouvrit sept lits supplémentaires à Lyon ©S.Erome
Le centre hospitalier Saint Joseph-Saint Luc, à Lyon, a agrandi sa maternité ©S.Erome

Implantée au cœur de Lyon depuis plus de 50 ans, la maternité du Centre Hospitalier Saint Joseph-Saint Luc a traversé une « zone de turbulences », selon les propres termes de son directeur, Pascal Bonafini, en référence à des exercices largement déficitaires. Depuis son retour à l’équilibre financier, il se découvre de nouvelles ambitions, décuplées avec la fermeture de l’Hôtel-Dieu, en cours de réhabilitation pour accueillir un hôtel Intercontinental à l’horizon 2018. Ainsi, l’imposante structure de verre et d’acier des quais du Rhône abrite désormais la seule maternité de service public en centre-ville. Une position stratégique qui a incité sa direction à investir plus de 2 millions d’euros sur le site afin de proposer « un service à taille humaine, performant et confortable » doté de nouvelles structures d’accueil.

 

En 2017, 2500 accouchements par an à Saint-Joseph-Saint-Luc

Concrètement, plus de neuf mois de travaux ont été nécessaires pour reconfigurer et agrandir la maternité du centre hospitalier lyonnais dont la capacité est passée de 21 à 28 lits, avec la création d’une cinquième salle d’accouchement. « On a pratiqué 1 800 accouchements en 2015. On espère dépasser les 2 500 accouchements en 2017. Cela nous permettrait de nous rapprocher de Natécia et de l’Hôpital de la Croix-Rousse qui réalisent chacun environ 4 000 accouchements par an« , explique Pascal Bonafini, directeur du CH Saint Joseph-Saint Luc.

Pour relever ce challenge, la direction mise sur le développement des capacités d’accueil mais aussi sur la mise en place d’un dispositif proposant une sortie précoce aux mamans volontaires. De fait, le centre hospitalier lyonnais joue les pionniers en participant au programme pilote baptisé PRADO. Un dispositif novateur dont l’objectif est d’accélérer le retour à domicile des jeunes mères et de leur enfant, sans incidence sur leur confort ou leur santé.

 

Etre mieux soigné à moindre coût

Dans le cadre de ce programme en cours de déploiement, une sage-femme assure un suivi médical du bébé et de sa mère, dans les jours suivant le retour à domicile, en effectuant 2 à 3 visites. Elle offre également un soutien psychologique à la mère et l’accompagne pour l’allaitement ou l’alimentation de son enfant. « Avec ce programme, les femmes volontaires sortent à J+2 au lieu de J+3 ou J+4. Ce retour prématuré à son domicile, pris en charge par l’assurance maladie, est à la fois confortable pour les mères et utile pour la maternité puisqu’il permet de désengorger le service« , souligne Pascal Bonafini, chiffrant à 90% les économies réalisées sur une journée par une femme à domicile plutôt qu’en chambre hospitalière. « Etre mieux soigné à moindre coût, voilà l’une des missions que nous nous sommes fixés. A terme, on espère que 20% des jeunes mères profiteront de cette opportunité« .

 

Le service des grands brûlés délocalisé à Edouard-Herriot

L'hôpital Saint Joseph-Saint Luc a retrouvé l'équilibre financier
Le service des brûlés de Saint Joseph-Saint Luc sera délocalisé en 2017 sur le site d’Edouard-Herriot ©S.Erome

Outre l’extension de son service maternité, le CH Saint Joseph-Saint Luc a profité de son retour à l’équilibre financier – avec le soutien de l’Agence Régionale de Santé – pour engager de nouveaux travaux d’agrandissement ou d’optimisation de ses installations. Dans le service néphrologie, la surface et le nombre de postes de dialyse ont ainsi été doublés, passant de neuf à dix-huit postes. « On a devrait réaliser 7 500 séances de dialyse en 2016 contre 5300 en 2015. L’objectif est de passer la barre des 10 000 séances de dialyse par an« , confie Emmanuel Villar, président de la Commission Médical d’Etablissement, dont l’une des priorités est, avec Pascal Bonafini, de « rationnaliser l’offre public hospitalière de centre-ville« .

Dans cette optique, l’un des grands chantiers de Saint Joseph-Saint Luc tourne autour de la mutualisation du service des brûlés – l’une des spécialités de l’établissement – avec l’hôpital Edouard-Herriot. Au printemps 2017, toutes les équipes médicales dédiées aux brûlés de Saint Joseph-Saint Luc (soit une centaine de personnes) seront ainsi délocalisées dans le futur Pavillon I d’Edouard-Herriot. Ce centre Commun des Brûlés, dont la vocation sera de prendre en charge un quart des grands brûlés en France, deviendra à terme « le premier centre français et européen« , souligne Pascal Bonafini.

Reste à savoir quelle sera la destination des 1200 mètres carrés libérés par ce processus de délocalisation ? « Cela va faire l’objet d’un prohjet d’établissement dont les grandes lignes seront dévoilées à la rentrée« , conclut le directeur de Saint Joseph-Saint Luc, dont le nouveau site web devrait contribuer à rendre l’offre du CH Saint Joseph-Saint Luc à la fois plus lisible et plus visible pour les patients internautes.

 

A SAVOIR

Le CH Saint Joseph-Saint Luc a créé une Plateforme Médicale de Spécialités (PMS) de 50 lits, qui regroupe en un même lieu six spécialités médicales: endocrinologie, infectiologie, médecine interne, néphrologie, neurologie et rhumatologie. Grâce à cette mutualisation, la durée d’hospitalisation moyenne des patients a été réduite (passant de 7 à 6 jours) alors que le taux d’occupation des lits a augmenté pour atteindre 92% contre 86% auparavant. Une organisation novatrice qui pourrait faire école dans d’autres établissements hospitaliers.

 

 

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