La chirurgie mammaire était au cœur des débats lors de l'édition 2018 de la SOFCEP (Société française des chirurgiens esthétiques plasticiens), à Lyon. Des implants toujours plus légers et plus naturels pour mettre en valeur la "French touch" du sein. Explications d'Eric Plot, chirurgien plasticien spécialisé en prothèses mammaires.

Implants mammaires, les tendances 2018 à découvrir en France
Des seins naturels et moins volumineux que dans d’autres pays, c’est la « French touch » de l’implant mammaire ©DR

La chirurgie mammaire, et notamment l’implant et la prothèse, ont-il toujours le vent en poupe en France ?

Oui, il s’agit de la chirurgie esthétique la plus pratiquée juste derrière la liposuccion.

 

En matière de chirurgie mammaire, assiste-t-on à une évolution des technologies et des mentalités ?

Oui, on travaille de plus en plus sur la recherche d’un résultat le plus naturel possible, notamment en France. C’est ce que l’on appelle la « French touch »qui est rendue possible par l’évolution des techniques mais aussi du matériel. Le lipomodelage ou transfert graisseux, notamment, est une technique récente qui assure cet aspect naturel de la poitrine sans introduire de corps étrangers dans l’organisme. On injecte la propre graisse de la patiente prélevée sur une autre partie de son corps avant d’être purifiée. Seule limite: il n’est pas possible de créer un volume important- pas plus d’un demi bonnet par intervention – et la technique nécessite une quantité de graisse suffisante chez la patiente.

 

Implant mammaire et « gros bonnets »

La demande des Française en matière d’implants mammaire est-elle vraiment différente des pays étrangers ?

Oui, la Française est très attachée à l’aspect naturel des implants. On constate donc que le volume moyen des implants en France est moindre q’outre-Atlantique voire dans d’autres pays d’Europe. On est sur un bonnet C ou un petit bonnet D. Les demandes sont rarement sur des volumes plus importants.

 

Dans quels pays retrouve-t-on de « gros bonnets » ?

Les Etats-Unis, bien sûr, mais aussi certains pays du Golfe, le Brésil. Dans ces pays, il y a la recherche du volume mais aussi de la forme. En France, on recherche le naturel, ce qui explique le succès des implants anatomiques combinés à d’autres techniques comme le nappage de la prothèse avec de la graisse à la surface de la prothèse. C’est ce que l’on appelle le « sein composite ». Le volume est donné par la prothèse et l’aspect de la peau naturel est assuré par ce nappage en surface. On masque ainsi les bords de la prothèse souvent peu harmonieux et on crée une jolie transition avec la peau thoracique.

 

 

Prothèse mammaire, à surveiller tous les deux ans

Quel est le profil-type de la femme qui vient consulter pour de la chirurgie mammaire ?

il n’y a pas de profil-type ! Cela va de la jeune fille de 18 ans qui est complexée par sa petite poitrine jusqu’à la mère de famille dont les grossesses ont abimées sa poitrine ou lui ont fait perdre du volume  de seins, en passant par la femme de soixante ans active qui veut garder une silhouette harmonieuse. Bref, il n’y a pas d’âge, sous réserve que la femme soit majeure.

 

Est-on toujours obligé de remplacer les implants au bout de dix ans ? 

Non, il s’agit à mon sens d’une notion un peu désuète compte tenu de l’évolution des technologies. En revanche, il est indispensable de surveiller régulièrement l’état de ses prothèse avec au minimum un examen clinique tous les deux ans. C’est de toute façon vivement conseillée pour toutes les femmes à partir de 45 ans pour les mammographies de dépistage du cancer du sein.

 

Pourquoi changer les implants ?

Soit parce que soit la prothèse a vieilli, soit le sein lui même a vieilli. Les remplacements prothétiques sont en effet souvent nécessaires car le sein change à partir de 45 ans, il n’a plus la même forme.

 

La durée de vie d’une prothèse mammaire est donc plus élevée qu’il y a vingt ans ?

Oui, les anciennes prothèses avait une durée de vie d’une dizaine d’année. Aujourd’hui, ces implants mammaires ont beaucoup progressé, tant au niveau de l’enveloppe que de la consistance du gel. Certains fabricants garantissent leurs prothèses à vie. Je n’ai pas d’avis sur la question. En revanche, il est sûr qu’une prothèse bien posée dans un environnement sain va tenir 20 ou 25 ans.

 

Des implants mammaires de plus en plus « light »

Certains scandales, et notamment celui des prothèses PIP, ont-ils eu une incidence sur votre activité ?

Malheureusement, ces scandales ont donné une mauvaise image de l’augmentation mammaire par prothèses. C’est regrettable car les techniques actuelles permettent d’obtenir de superbes résultats sans risque si les protocoles sont respectés. Cela dit, le grand public a bien compris qu’avec le scandale des prothèses PIP, on était victimes d’une escroquerie d’un fabricant qui ne remettait évidemment pas en cause la technique de l’implant mammaire. L’aspect positif, c’est que les chirurgiens plasticiens français sont encore plus vigilants sur les phénomènes de rejets d’implants pour intervenir dés qu’une anomalie est détectée. Par ailleurs, les laboratoires sont très sensibilisés et placés sous surveillance. Bref, le scandale des prothèses PIP est regrettable mais comment imaginer que l’on puisse utiliser du gel automobile plutôt qu’un gel médical…

 

En matière d’implantation mammaire, quel est l’avenir de votre profession ?

La pose de prothèses de plus en plus légères. Ces prothèses « light » permettront d’avoir un meilleur vieillissement du sein car il sera moins soumis à la gravité du poids de la prothèse. Certaines firmes travaillent actuellement à la mise sur le marché de telles prothèses. On espère pouvoir les tester d’ici un an, même si la réglementation française est très contraignante. Les démarches d’accréditation sont en cours.

 

A SAVOIR

En France, en 2016, on a enregistré 47 510 interventions pour une augmentation mammaire, alors qu’on ne recensait que 20 150 actes de chirurgie pour une réduction mammaire. Enfin, il y a eu 15 580 lifting des seins pratiqués par les chirurgiens esthétiques et plasticiens français (source: ISAPS 2017).

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3 Responses to "Prothèse mammaire : les conseils d’un expert français"

  1. Carline  9 juin 2018

    Bonjour,
    Il me semble qu il y ai erreur concernant la durée de vie des implants … victime d’une rupture sur prothèses Allergan, mes recherches me prouvent que bon nombre de patientes ont elle aussi subit ce genre d’incidents et ce bien avant 10ans, rupture survenant dans certains cas sans traumatisme après seulement 1 année ou 2… sans compter les effets nocifs du silicone sur notre santé !!!

  2. Françoise  30 août 2018

    J’ai un syndrome asia suite à l’implantation de mes prothèses en silicone Sebbin en juin 2006.
    Des études sont en cours en neurologie pour voir l’impact du Silicone sur le système neurologique.
    J’ai plus de 40 femmes qui m’ont contacté avec des symtomes similaires .
    Cette Etude est ouverte à toutes les femmes porteuses de prothèses mammaires ( hôpital Mondor service neuro musculaire) .
    Une pétition est en cours d’examen devant le parlement européen pour demander l’ouverture d’une commission d’enquete Sur tous les fabriquants.

  3. Martine MOROT  30 octobre 2018

    J’ai des prothèses pour raison médicale mais je ne conseillerais à personne de le faire pour raison esthétique. C’est inconfortable et la cage thoracique perd de sa souplesse et je me suis trouvée gênée pour respirer. Vous n’avez plus la fonction normale des muscles thoraciques. C’est loin d’être aussi bien que de vrais seins (sensation de corps étranger) ni pour vous ni pour votre partenaire.

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