A Lyon, une conférence sur l'hypnose médicale a réuni cette semaine plus de 500 participants à la Faculté catholique. Une nouvelle illustration de l'engouement suscité par cette technique non médicamenteuse à l'efficacité prouvée pour lutter contre la douleur. A la clé, de plus en plus de soignants et patients convaincus.

 

Formateurs en hypnose médicale, les dr Bouvier et Schweitzer entourent Nathalie Aulnette, directrice de la Fondation APICIL.
Formateurs en hypnose médicale, les dr Bouvier et Schweitzer entourent Nathalie Aulnette, directrice de la Fondation APICIL.

 

L’hypnose fera-t-elle bientôt partie des pratiques courantes en bloc opératoire ? De Mesmer, le tout premier médecin à s’être intéressé au phénomène, à Messmer, le célèbre hypnotiseur médiatique, il y a tout un pas que de nombreux praticiens se mettent en effet à franchir. Oui, l’hypnose est un remède anti-douleur avéré, ainsi qu’une véritable alternative à l’anesthésie.

« C’est relativement récent, mais on en parle de plus en plus dans les congrès médicaux », confie Nathalie Aulnette, la directrice de la Fondation APICIL. Dédié à la prévention et à l’action contre la douleur, l’organisme se penche de longue date sur les bienfaits de l’hypnose en la matière. « Nous avons commencé à nous intéresser à l’hypno-analgésie dès 2004. L’hypnose peut en effet être utilisée pour soulager la douleur en bloc opératoire, en post-opératoire, lors du traitement… C’est aujourd’hui la technique non médicamenteuse la plus demandée par les patients comme par les soignants ». Depuis 14 ans, des milliers de formations ont ainsi été soutenues par la fondation, qui multiplie les opérations de sensibilisation auprès du grand public.

 

L’hypnose médicale se débarrasse de ses idées reçues

Le mercredi 17 octobre 2018, une conférence-débat consacrée à l’hypnose pour soulager la douleur a ainsi attiré un demi-millier de personnes dans l’amphithéâtre Alain Mérieux de la Faculté catholique de Lyon. Un record. Il y a dix ans, l’événement n’aurait pas attiré une foule aussi importante. « Il y a tout un travail de pédagogie à avoir, tant l’hypnose véhicule des images erronées. Mais il y a eu beaucoup d’évolutions sur les cinq dernières années et les gens semblent bien mieux au courant », confirme le docteur Jérôme Schweitzer, l’un des deux conférenciers du soir.

Comme son confrère Stéphane Bouvier, lui aussi médecin anesthésiste à la Clinique Mutualiste de Grenoble, il est formateur en hypnose ericksonienne, l’un des dérivés les plus répandus de l’hypnose médicale. Tous deux participent au quotidien à la généralisation du recours à l’hypnose médicale, un « outil utilisable dans de nombreux domaines complémentaires », selon le docteur Schweitzer. « On ne soigne pas un cancer par l’hypnose, mais on peut en soulager les effets, aux côtés d’autres techniques ». Dans des proportions qui, aujourd’hui, ne surprennent plus les professionnels de santé: « des études ont clairement démontré les effets de l’hypnose sur le vécu et le contrôle de la douleur, avec un impact réduit de 50%, que la douleur soit aiguë ou chronique », développe le docteur Bouvier.

 

Hypnose médicale et anesthésie générale

Mieux, « l’hypnose présente de nombreux avantages par rapport à l’anesthésie générale. elle rend les patients moins anxieux, ils ont besoin de moins d’antalgiques au réveil après une opération, ont moins de nausée… Et les patients ont tendance à se rétablir plus vite ». Tous ceux qui en ont fait l’expérience, en tout cas, ont pu témoigner en ce sens, à l’image de Stéphanie, mère de famille lyonnaise victime d’une fracture et prise en charge à Saint Joseph Saint Luc (lire son témoignage).

Rien d’étonnant, donc, à ce que la Fondation APICIL ait choisi de mobiliser une nouvelle fois l’opinion autour d’un sujet qui fait de plus en plus d’adeptes.

 

A  SAVOIR

Basée à Lyon, la Fondation APICIL, reconnue d’utilité publique depuis 2004, finance des projets de recherche (pour 50%), de formation, d’information et de sensibilisation dans le domaine de la lutte contre la douleur, à raison d’un million d’euros par an. Elle a ainsi étudié depuis sa création plus de 1300 projets et soutenus la moitié d’entre-eux. En matière d’hypno-analgésie, la Fondation Apicil a notamment produit plusieurs films mettant en lumière les bienfaits de l’hypnose sur la douleur, à l’hôpital, en pédiatrie ou encore en chirurgie cardiaque.

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