Georges Képénékian, maire de Lyon, a annoncé lundi 11 décembre 2018 la création de l'Ensemble Hospitalier Civil et Militaire de Lyon (EHCM). Cette nouvelle entité regroupera les Hospices Civils de Lyon (HCL), l'Hôpital d'Instruction des Armées Desgenettes et l'Université Claude Bernard Lyon 1. Objectif: faire coopérer civils et militaires pour rationaliser l'offre de soins.

 

Des opérations jusqu'alors réalisées à Desgenettes seront transférées dans les nouveaux bâtiments de Desgenettes
A Lyon, l’hôpital Edouard-Herriot accueillera bientôt les activités chirurgicales de l’Hôpital des Armées Desgenettes ©DR

 

A Lyon, les experts de la médecine civile et militaire vont devoir faire cause commune pour la santé de nos concitoyens. Tel est le sens du discours de Georges Képénékian, le maire de Lyon et président du Conseil de Surveillance des Hospices Civils de Lyon, qui a annoncée ce lundi 11 décembre la création de l’EHCM (Ensemble Hospitalier Civil et Militaire). Cette nouvelle entité regroupera les Hospices Civils de Lyon (HCL), l’Hôpital d’Instruction des Armées Desgenettes (HIAD) et l’Université Claude Bernard Lyon 1. Concrètement, ce partenariat se traduira par deux transferts majeurs entre trois sites emblématiques de l’univers hospitalier lyonnais.

 

A Lyon, Desgenettes perd la chirurgie au profit d’Edouard-Herriot

L'Hôpital Desgnettes récupère en revanche les activités d'Henry Gabrielle
Desgenettes, l’Hôpital des Armées de Lyon, va perdre ses activités de chirurgie au profit d’Edouard-Herriot ©DR

La création de l’EHCM induit notamment l’insertion des activités de chirurgie et de soins critiques de l’HIA Desgenettes au sein de l’hôpital Edouard Herriot (HEH). Ce transfert s’inscrit dans le cadre de l’opération de modernisation d’HEH et la mutualisation des activités d’urgences sur un seul et même site.  Concrètement, toutes les activités de chirurgie de l’hôpital Desgenettes seront transférées sur le site de l’hôpital Edouard Herriot. Six spécialités médico-chirurgicales sont concernées: chirurgie-digestive, orthopédie, ORL, pphtalmologie, hépato-gastroentérologie et odontologie. Pour toutes ces spécialités, déjà présentes à HEH, seront créées des équipes civilo-militaires. En cohérence, il est également prévu le transfert à HEH des activités de réanimation et d’anesthésie.  A noter que les prises en charge des traumatisés graves et des urgences chirurgicales seront aussi regroupées sur le site de l’hôpital Edouard Herriot.

Ce déplacement des activités de Desgenettes vers HEH se traduira par le transfert de 5 000 interventions chirurgicales, de 5 800 séjours de chirurgie et de 600 séjours de réanimation et surveillance continue. Pour absorber cette afflux de patients, HEH intégrera à terme 30 personnels médicaux militaires (17 chirurgiens orthopédistes, ORL, digestif, ophtalmologues, odontologues, 2 gastro-entérologues, 11 anesthésistes-réanimateurs) et une trentaine de personnels paramédicaux militaires (infirmiers anesthésie, infirmiers de blocs, infirmiers de réanimation).

 

Mais Desgenettes récupère les activités d’Henry Gabrielle

Signature création EHCM
Civils, militaires et universitaires autour de gorges Képénékian ©DR

L’autre axe majeur de la création de l’EHCM concerne le transfert de l’Hôpital Henry Gabrielle dans les locaux de l’IAD Desgenettes afin de constituer un pôle civilo-militaire de médecine physique et de réadaptation dans l’Est lyonnais.

Construit au début des années 70, le site actuel de l’hôpital Henry Gabrielle situé sur la commune de Saint-Genis Laval nécessite une rénovation complète pour rester compétitif dans un contexte où les établissements concurrents ont mené des travaux importants de modernisation. « L’éloignement relatif de cet établissement et sa faible desserte en transport en commun sont également un inconvénient majeur pour les patients en ambulatoire ou les familles rendant visite à un proche longuement hospitalisé« , notent les signataires de l’accord.

Partant de ce principe et dans un contexte de restructuration complète de Desgenettes, les bâtiments de l’hôpital Henry Gabrielle sont voués à être vendus et toutes leurs activités transférées sur le site de l’Hôpital d’Instruction des Armées. Ainsi, les activités existantes de rééducation des blessés militaires (médecine physique et de réadaptation –MPR- et psychiatrie) seront complétées par celles de l’ensemble des activités de MPR l’hôpital Henry Gabrielle des Hospices Civils de Lyon. « Ce transfert est subordonné à une restructuration préalable profonde du site de l’HIA Desgenettes« , précise le communiqué de presse, cette restructuration étant prévue pour 2023.

 

Près de 80 millions d’euros à Lyon

« La philosophie générale de ce partenariat n’est pas de juxtaposer ou de faire cohabiter côte à côte deux établissements mais s’appuie sur la volonté de constituer des équipes « civilo-militaires » en vue d’un projet médical commun permettant d’assurer une parfaite complémentarité et de contribuer à la prise en compte du soutien à la défense« , résument les signataires de cet accord qui induit aussi un rapprochement entre les centres hospitaliers lyonnais et le monde universitaire, tant en terme de recherche que d’enseignement.

Validé par les ministères compétents (Ministère des Armées, Ministère de la Santé), ce rapprochement entre le civil et le militaire fait l’objet d’un plan de financement en deux parties. D’un montant global de 27,6 millions d’euros, le transfert de l’HIA Desgenettes vers HEH sera financé par le ministère de la Santé (10,7 M€), l’ARS Auvergne-Rhône-Alpes (5 M€), le Service de Santé des Armées (5 M€) et les Hospices Civils de Lyon (6,9 M€).

Les opérations de transfert de l’Hôpital Henry Gabrielle et les travaux sur le site de l’HIA Desgenettes ont été estimés à 50 M€. Une somme rondelette qui sera prise en charge à hauteur de 30 M€ par les HCL et de 20 M€ à l’HIA Desgenettes.

 

A SAVOIR

Construit en 1947 et dimensionné pour accueillir près de 1000 patients, l’Hôpital d’Instruction des Armées Desgenettes avait initialement vocation à répondre aux besoins des militaires et des appelés. Aujourd’hui, dans le cadre de son activité habituelle, il prendre en charge, outre les militaires (actifs ou retraités) et leurs familles, toute personne sans rapport avec l’armée. La part des civils représente ainsi 80% de l’activité.

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