Le mot d’ordre de grève lancé par les syndicats de pharmaciens pour le mardi 30 septembre devrait être très suivi en Rhône-Alpes. Ce mouvement, qui s’inscrit dans le cadre de la journée de mobilisation nationale contre le projet de réforme des professions réglementées, devrait voir la plupart des officines de la région fermer leurs portes toute la journée, à l’exception des pharmacies de garde ou réquisitionnées. Les explications teintées de colère de Hugues Videlier, président du Conseil Régional de l’Ordre des Pharmaciens de Rhône-Alpes.

 

Grève dans les pharmacies
La plupart des pharmacies n’ouvriront pas le mardi 30 septembre en Rhône-Alpes.

Hugues Videlier, pourquoi un tel mouvement de grève ?

Cet appel à la grève illustre la colère de notre profession, comme d’autres, par rapport au projet de loi à l’étude. Les propositions avancées risquent de faire perdre aux pharmaciens leur indépendance professionnelle et décisionnelle. Le gouvernement veut notamment supprimer la dispensation réservée au pharmacien couramment appelée le monopole (Ndlr: règle qui réserve la délivrance de médicaments aux seuls pharmaciens), déclaration royale datant de 1777 ! Or, ce monopole avait été institué pour réduire le nombre d’accidents suite à la délivrance anarchique de médicaments. Il s’agit d’une question de santé publique, et non de pseudos « rentes » comme le dit le gouvernement. Et ce n’est pas en ouvrant le capital à des investisseurs que l’on sécurisera la délivrance des médicaments. Les motifs avancés par le gouvernement sont indécents.

 

Pourquoi ?

Parce qu’il serait dangereux de faire sortir les médicaments des pharmacies pour les diffuser dans les enseignes de grande et de moyenne distribution tout comme il est déjà dangereux de libéraliser la vente de médicaments sur internet via notamment des plateformes américaines échappant à tout contrôle. Comment, dans ces conditions, lutter efficacement contre la contrefaçon ? De plus, à terme, ces propositions risquent de créer de véritables déserts pharmaceutiques au détriment de nos concitoyens. Il est quand même incroyable de devoir négocier avec le ministère de l’économie, alors que notre ministère de tutelle est celui de la santé.

 

Attendez-vous une importante mobilisation en Rhône-Alpes ?

Oui, dans la mesure où l’ensemble de la profession est sensibilisé. Que ce soit les syndicats, les groupements de pharmacies, les doyens de facultés, les étudiants, les répartiteurs… Tout le monde a conscience de la gravité de la situation. On estime que 80 à 95% des officines resteront fermées le 30 septembre. Une première depuis 240 ans !

 

Concrètement, qui pourra délivrer des médicaments le 30 septembre ?

Comme pour un dimanche ou un jour férié, des pharmacies de garde assureront la délivrance des médicaments, dont certaines réquisitionnées par l’ARS (Agence Régionale de Santé). Toutes les pharmacies en grève apposeront sur leur vitrine une affiche précisant les officines ouvertes ce jour-là.

 

 

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