Alors que la colère gronde dans les rangs des professionnels de santé, le docteur Patrick Romestaing, président départemental de l’Ordre des Médecins du Rhône, se montre soucieux de voir la continuité des soins assurée dans la région. Même s’il se déclare inquiet des conséquences des réformes en cours, militant pour une véritable « démocratie sanitaire ».

 

Patrick Romestaing, spécialiste ORL
Patrick Romestaing, président de l’Ordre des médecins du Rhône et vice-président du Conseil National

Quelle est la position de l’Ordre des Médecins par rapport au mot d’ordre de grève lancé par les pharmaciens dans le cadre de la journée de mobilisation ?

L’Ordre National des Médecins est parfaitement conscient des difficultés que rencontre l’ensemble des médecins, que ce soit dans le cadre libéral, hospitalier ou salarié. Quel que soit leur type d’exercice, quelle que soit leur spécialité, tous sont impactés par l’évolution concernant l’exercice du soin en France. Dans ce contexte, l’Ordre des médecins comprend et accompagne les professionnels de santé. Nous sommes très attentifs aux réformes engagées par le gouvernement. Ces réformes visent à mettre en place un nouveau système de santé qui ne convient pas à une offre de soins efficiente. Cela dit, le conseil de l’Ordre ne peut appeler à la grève car la déontologie doit être respectée et la continuité des soins assurée. Il convient aux professionnels de santé de s’assurer que les patients ne seront pas délaissés durant les mouvements de contestation.

 

Peut-on toutefois envisager, à l’avenir, voir les médecins faire entendre leur voix dans le cadre d’un mouvement pour sensibiliser l’opinion publique à leurs préoccupations ?

C’est le rôle des syndicats de prendre position sur ce sujet. L’Ordre des médecins n’a pas à être partie prenante dans un mouvement de grève, même s’il est soucieux de voir préserver la démocratie sanitaire. En d’autres termes, les médecins doivent être pleinement associés aux réflexions en cours. Cette démocratie sanitaire, si chère au pouvoir politique en place, doit intégrer les patients mais aussi les professionnels de santé, et dont font partie les médecins.

 

Vous sentez-vous aujourd’hui les « mal aimés » du système ?

Le climat actuel n’incite pas à un optimisme démesuré. Les médecins sont sous pression depuis plusieurs années et le système proposé va, me semble-t-il, vers de moins en moins de liberté pour les professionnels de santé avec des mesures très lourdes impactant l’exercice de notre métier. Je pense notamment à la mise en place du tiers payant qui complique la gestion des cabinets et va faire exploser encore davantage les dépenses de santé. Il convient donc d’être vigilants.

 

Comments

comments

Laisser un commentaire

Votre e-mail ne sera jamais publié.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. Apprenez comment les données de vos commentaires sont utilisées.