Pourquoi ferrer son cheval ? Quels conseils pour une bonne ferrure ? Le Dr Thierry Grisard, vétérinaire délégué FEI et membre du comité de pilotage du Pôle Santé, répond à nos questions et explique l’importance du soin du pied chez le cheval.

Retrouvez un atelier spécial
Retrouvez un atelier spécial « Pied du cheval » sur le pôle santé d’Equitation ©Elfriede Pixabay

Pourquoi la santé du pied est-elle si importante chez le cheval ?

Le pied est parfois négligé, alors qu’il doit faire l’objet d’une attention continue de la part des propriétaires. C’est toute la santé du cheval qui est en jeu. C’est pourquoi je leur conseille d’avoir un carnet de santé du pied qui leur permet d’avoir un outil de suivi de l’évolution de la boîte cornée, de l’aplomb etc.

Quelle est l’utilité du ferrage chez un cheval ?

Le premier rôle du ferrage est avant tout de protéger les pieds des traumatismes mécaniques qui viennent du sol, ainsi que des agressions chimiques comme la litière (qui contient de l’ammoniaque). A l’état sauvage, le cheval ne piétine pas de litière.

Le ferrage joue aussi un rôle mécanique en assurant la stabilité du pied et le grip, c’est-à-dire la manière dont le pied du cheval vient s’ancrer dans le sol.

De plus en plus, les fers sont également kinesthésiques afin de gérer des pathologies du pied, ou même au niveau des membres. La manière dont on forme le fer, les matériaux utilisés et le sens dans lequel est appliqué le fer permettent de manipuler les forces et de changer les points de contact.

 

Conseils pour bien ferrer son cheval

Quand est-il nécessaire de ferrer un cheval ?

Ferrer ou non un cheval est vraiment un choix individuel. Cela dépend du type de travail, du mode de vie (surfaces sur lesquelles le cheval travaille). Cela dépend aussi des éventuelles pathologies du cheval, de la qualité de sa corne. On sait aussi qu’à travail égal, un cheval pesant 400 kg dégradera moins sa corne qu’un cheval pesant 600 kg. La qualité de la corne dépend de multiples facteurs (génétique, alimentation, mode de vie, entretien…).

Un cheval sollicité ou moins bien nourri car la saison a été sèche et qu’il n’a pas trouvé ce qu’il faut dans sa pâture peut avoir la corne abîmée. Il faut donc adapter le ferrage au mode de vie et à l’état individuel du cheval.

Voilà pourquoi chaque cas est différent et que l’on ne peut pas faire de règle générale. Mon opinion est donc qu’il ne faut pas se laisser emmener dans des modèles reçus. Il n’y a rien de pire que les gens qui disent que tous les chevaux doivent être ferrés ou déferrés.

A quelle fréquence faut-il ferrer un cheval ?

Tout dépend de la période de l’année car la pousse de la corne est plus rapide durant la saison chaude. En général, on compte entre 5 et 6 semaines.

 

A chaque pathologie son fer

Le cheval ressent-il une douleur quand on le ferre ?

Un bon ferrage ne doit pas être douloureux car c’est la corne qui est sollicitée. Tout comme le bout de nos ongles, la partie superficielle n’est ni innervée, ni vascularisée ; sauf pour les cas particuliers de tumeur ou d’infection proches de la surface de la paroi.

Y-a-t-il des cas où il est déconseillé de ferrer les chevaux ?

Il existe effectivement une règle importante : les chevaux vivant au pré en troupeau ne doivent jamais être ferrés des postérieurs, car ils pourraient se blesser gravement.

Quel entretien requière un pied non ferré ?

Même lorsque le cheval n’est pas ferré, le maréchal vient parer. Une boîte cornée non ferrée demandera autant voire plus d’entretien. Non ferrée, la corne du cheval s’use inégalement. Sur un sabot déferré, il faut parer toutes les 4 semaines grand maximum.

Existe-t-il différents fers pour répondre à telle ou telle pathologie ?

Effectivement. On a des fers qui permettent de traiter les pathologies ligamentaires et tendineuses (tendons fléchisseurs, ligaments suspenseurs etc).

On peut aussi traiter des pathologies plus dégénératives comme une arthrite ou une arthrose.

Et enfin des phénomènes aigus tels qu’une fracture, une fourmilière etc.

En fonction de la discipline pratiquée (CSO, Cross, endurance etc), va-t-on avoir différents fers ?

Aujourd’hui, la technologie permet énormément de choses. Cela va de changer les fers le jour d’une compétition, à mettre des crampons sur un fer pour aider le pied à tenir sur un terrain en herbe ou de la boue. On peut aussi mettre une interface sur le fer pour chasser la neige. Il est aussi possible de mettre des « hipposandales » à un cheval d’endurance qui a l’habitude d’être pieds nus et va courir sur un terrain abrasif. Il existe aussi des fers en résine pour protéger la paroi de l’usure. La technologie nous permet désormais de faire 1001 choses pour nous adapter à chaque cas.

 

A SAVOIR

Depuis des siècles, le fer à cheval est considéré comme un objet porte-bonheur sans que l’origine de cette vertu légendaire ne soit clairement établie. Selon la tradition, pour bénéficier pleinement de sa protection et trouver la prospérité, il est nécessaire de trouver le fer à cheval par hasard sur une route ou un chemin, de préférence encore muni de clous, et de le placer ensuite à son domicile les deux extrémités pointées vers le ciel.

 

 

 

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