La maladie de Parkinson touche-t-elle en priorité certaines populations à risques ? Y a-t-il des facteurs prédisposant ? Que faire pour agir en prévention ? Nous avons posé la question au Pr Stéphane Thobois de l'hôpital neurologique de Lyon. 

Si le sport est bon pour améliorer le quotidien du malade, peut-il empêcher la pathologie de s'installer ? ©By quotes / Lifeopix
Le sport, bon pour améliorer le quotidien du malade, peut-il empêcher Parkinson de s’installer ? ©By quotes / Lifeopix

Y a t-il une population plus à risques de développer la maladie de Parkinson ?

La plupart du temps, on ne connait pas la cause de la survenue de la maladie. Certaines personnes ont été exposées à des substances toxiques comme les pesticides qui favorisent l’apparition de Parkinson. A l’inverse, il a été démontré que le tabac avait un rôle protecteur, même s’il n’est absolument pas recommandable bien entendu. Par ailleurs, on n’a pas découvert de facteurs toxiques dans notre alimentation.

Il existe aussi des formes génétiques de la maladie. Elles sont néanmoins rares..

La dépression : signe annonciateur ou facteur de risques ?

A-t-on identifié des facteurs prédisposants ? On a notamment évoqué l’impact de la dépression…

Il s’agit ici d’un sujet compliqué. Ce qui est certain, c’est que la dépression est fréquente chez les sujets atteints par la maladie de Parkinson, tout comme l’anxiété.. Ensuite, on sait que certains signes vont précéder les signes physiques jusqu’à 20 ans avant la pose d’un diagnostic, parmi lesquels la dépression. Mais la controverse est de savoir si la dépression est un facteur de risques, ou un signe annonciateur de la maladie qui serait déjà installée ?

Parkinson, agir plutôt que prévenir 

Est-il possible d’agir en prévention dans notre quotidien pour se prémunir de la maladie de Parkinson ?

On ne peut pas prévenir l’apparition de la maladie ni la ralentir. Quand les premiers symptômes physiques apparaissent, 60% des neurones qui produisent la dopamine sont déjà détruits.

En revanche, lorsque le sujet est malade, il y a certaines choses qu’il doit faire, à commencer par maintenir une activité physique régulière, y compris à un niveau intense s’il le peut. Ceci peut avoir un réel impact sur l’état général et moteur du patient puisqu’il s’agit d’une maladie motrice. Le fait de bouger limite aussi les raideurs, les douleurs. Cela permet également aux malades de reprendre confiance en eux, en leur capacité à faire des choses. Au CHU de Lyon, et dans certaines structures privées de la région, des programmes de rééducation intensive ont été mis en place. D’un point de vue psychologique, il est également important de continuer à voir du monde, à aller au cinéma, car les parkinsoniens ont tendance à se replier sur eux-mêmes. Il ne faut pas non plus s’interdire de voyager ! En revanche, on lit parfois des choses erronées sur l’alimentation : or, il n’y a pas de régime alimentaire pour la maladie de Parkinson.

Retrouvez la liste de tous les neurologues de votre ville ou de votre quartier sur www.conseil-national.medecin.fr

A SAVOIR

Chaque année, en France, 3500 personnes décèdent de la maladie de Parkinson. Mais il faut savoir que le taux de mortalité des personnes atteintes par la maladie est le même que celui de la population générale. Source : lamaladiedeparkinson.info

Comments

comments

Laisser un commentaire

Votre e-mail ne sera jamais publié.