Depuis les premières transplantations réalisées à la fin des années 60, Lyon a toujours été à la pointe de la chirurgie cardiaque. Quelles sont les dernières techniques en la matière ? Qu'est-ce qu'un implant valvulaire aortique ? Explications du docteur Franck Pélissier, spécialiste de la chirurgie cardiaque et vasculaire à l'Infirmerie Protestante, à Lyon.

 

L'implant d'une valve aortique, une technique révolutionnaire mais encore onéreuse
La technique TAVI consiste à implanter une valve aortique sans ouvrir le thorax ©DR

 

Quelles sont les dernières avancées en matière de chirurgie cardiaque ?

On constate d’abord un perfectionnement des technique existantes, notamment pour la chirurgie coronaire dont la première opération date de 1969, à l’Infirmerie Protestante de Lyon. Cette chirurgie est de plus en plus fiable. La micro chirurgie artérielle donne notamment d’excellents résultats à moyen et long terme.

 

Mieux que l’angioplastie (ou stenting) ?

Oui. Cette implantation de stents (Ndlr: petits ressorts en métal placés dans les artères pour éviter qu’elles ne se bouchent) est extrêmement efficace surtout en urgence dans le cas d’infarctus mais cette technique n’a pas une grande durabilité. D’où la nécessité, pour le patient, d’être contraint à une autre intervention entre 10 et 20 ans plus tard. Telle n’est pas le cas de la chirurgie coronaire artérielle qui règle a priori définitivement le problème, même si elle n’élimine pas évidemment les facteurs de risques exigeant certaines précautions (arrêt du tabac, régime hypolipémiant, traitement du diabète, activité sportive…). Bref, les pontages coronariens ont une meilleure durabilité à long terme que les angioplasties mais ces 2 traitements sont aussi complémentaires car parfois utilisé conjointement. L’autre grande avancée en matière de chirurgie cardiaque, c’est l’apparition de matériaux nouveaux, des alternatives à la chirurgie, en particulier des valves implantées par voie percutanée et intramusculaire.

 

Implanter une valve sans cicatrice

Concrètement, comment sont installées ces valves ?

Elles sont implantées sous anesthésie locale par voie fémorale, autrement dit à l’interligne de la cuisse et du pubis. L’intervention est assez simple puisqu’elle nécessite une hospitalisation de deux à quatre jours. Autre avantage, on conserve la valve malade, il n’y a pas de cicatrice sur le thorax et le risque n’est pas plus élevé que pour une chirurgie cardiaque classique (AVC et hémorragie). De telles valves permettent notamment de traiter les rétrécissements aortiques – la pathologie la plus fréquente – de personnes très âgées, jusqu’à plus de 90 ans. Une valve mitrale (qui sépare l’atrium gauche du ventricule gauche) est actuellement en développement. Elle devrait être disponible dans les cinq à dix ans qui viennent.

 

Qui peut bénéficier de ces implants valvulaires aortiques révolutionnaires ?

Compte tenu du prix élevé de ce matériel, de l’ordre de 18 000 euros contre 2 000 euros pour une valve chirurgicale, le nombre de leurs implantations en France est limité à quelques milliers. Il faut donc répondre à certains critères, en particulier la non opérabilité de la pathologie (on estime que le risque chirurgical est trop élevé). Cette condition limite pour l’instant l’implantation de ces nouvelles valves aux personnes de plus de 85 ans et aux patients plus jeunes présentant d’autres anomalies associées. A terme, on peut toutefois espérer que les rétrécissements aortiques seront régulièrement traités par cette technique TAVI (Transcatheter Aortic Valve Implantation) mise au point et découverte en France mais désormais commercialisée par de grandes sociétés américaines.

 

Pacemakers et défibrillateurs miniatures

Et le pacemaker ?

Il a lui aussi beaucoup évolué depuis ses premières implantations. Aujourd’hui, un pacemaker est à peine plus gros qu’une pièce de deux euros alors qu’en 1960, il s’agissait d’un boitier de 5 centimètres de côté et trois centimètres d’épaisseur. Les nouveaux matériels sont très sophistiqués et interrogeables à distance en transcutanée. Cette miniaturisation est également spectaculaire chez les défibrillateurs. Ces petits appareils, indolores à poser, permettent d’envoyer une micro décharge dés la première arythmie du patient. On évite ainsi une fibrillation ventriculaire, troubles graves du rythme cardiaque synonyme d’arrêt cardiaque parfois fatal. Ces défibrillateurs miniatures sont implantés sous anesthésie locale en passant le boîtier sous la clavicule droite, ce qui ne génère qu’une petite incision de deux à trois centimètres. Après l’intervention, le patient retrouve une vie normale. Il doit juste effectuer une visite de contrôle tous les six mois.

 

Retrouvez la liste de tous les cardiologues et chirurgiens cardiaques de votre ville ou de votre quartier sur www.conseil-national.medecin.fr

 

A SAVOIR

Plus de 120 000 infarctus sont recensés chaque année en France, soit plus de 320 par jour, dont de plus en plus de femmes en raison de l’évolution des comportements (consommation de tabac et d’alcool en particulier).

 

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One Response to "La chirurgie cardiaque à l’heure de la miniaturisation"

  1. Ruaut  10 mars 2017

    Bonjour ma fille a un bav complet découvert pendant la grossesse du à un lupus chez moi non découvert avant.
    Elle a était implanté d’un pacemaker monobranche dans labdomen a la naissance a l’hôpital necker.
    J’aurais voulu savoir si à la prochaine opération celle ci peut elle bénéficier du nouveau pacemaker
    Merci à vous pour votre réponse je reste à votre disposition

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