Le cancer véhicule beaucoup d'idées fausses. L'Institut de Cancérologie des Hospices Civils de Lyon démêle le vrai du faux à travers un quizz ludique… et préventif.

 

Cancer et humour pour lutter contre les idées fausses
Le cancer véhicule un certain nombre de clichés que l’humour participe à balayer. © De l’air – éditions Ellipses

 

Avec 400 000 nouveaux cas chaque année, le cancer ne fait pas rire grand monde. Les Hospices Civils de Lyon ont pourtant choisi de traiter la question avec humour, deux ans après, déjà, la parution d’une bande dessinée truffée de gags sur le sujet, œuvre de l’une des patientes du service de pneumologie du Centre Hospitalier Lyon-Sud.

Les HCL ont donc mobilisé plusieurs praticiens pour répondre sous forme de quizz aux nombreuses idées reçues, parfois fausses, parfois vraies. Une manière efficace et originale de prendre part aux actions de sensibilisation.

A vous de jouer ! 10 idées reçues sur le cancer, CLIQUEZ POUR FAIRE LE QUIZZ !

 

1 – Toutes les tumeurs sont cancéreuses

FAUX – Une tumeur se forme suite au dérèglement du processus de renouvellement des cellules, par prolifération. Lorsque la tumeur est bénigne, elle peut être détruite directement par le corps humain, à travers ses mécanismes de défense. Seule la tumeur maligne, qui prolifère au détriment des cellules voisines, est cancéreuse et nécessite un traitement.

2 – On ne peut pas guérir totalement d’un cancer

FAUX – 50% des cancers sont aujourd’hui guérissables, compte tenu de l’amélioration de l’efficacité des traitements. Le pronostic évolue en fonction du type de cancer et du moment de la prise en charge : plus le diagnostic est précoce, plus les chances de rémission augmentent.

  • cancers à bon pronostic : mélanomes, tyroïde, rein, prostate, testicule, ovaire, sein, utérus, glandes salivaires
  • cancers à mauvais pronostic : poumon, pancréas, cerveau, foie

3 – Le cancer, c’est héréditaire

FAUX – Et un peu vrai également, 5 à 10% des cancers étant tout de même liés à une prédisposition familiale. Cette croyance fermement établie est donc à nuancer, notamment pour les cancers du sein, dont 90% ne résultent pas d’une transmission génétique. Cette affection étant fréquente (une femme sur huit concernée au cours de sa vie), le hasard peut naturellement frapper deux fois une même famille.

A savoir : une recherche de mutation génétique (type BRCA), connues pour élever le risque héréditaire, est proposée aux familles dont plusieurs membres (femmes ou hommes) ont été touchés par un cancer du sein.

4 – Le déodorant, ça donne le cancer

FAUX – Jusqu’à preuve du contraire ! Les antitranspirants ont beau contenir des sels d’aluminium, régulièrement incriminés, les études réalisées n’ont jamais révélé de liens significatifs. Il en va de même pour le port du soutien gorge et le cancer du sein, l’usage du boxer et le cancer des testicules…

5 – Le régime favorise la guérison

FAUX – De nombreux patients sont persuadés qu’un régime pauvre en glucides ou en protéines, soupçonnées nourrir le cancer, va les aider à guérir. Aucun lien n’a été démontré. Au contraire, un régime excessif peut présenter de réels dangers : la dénutrition met à mal le système immunitaire, ce qui augmente le risque d’infections et amplifie parfois les effets de la maladie.

A savoir : une bonne hygiène de vie, à travers une alimentation équilibrée et de l’activité physique régulière, permet de limiter les risques de rechute.

6 – Le tabac est un facteur de risque

Le Pr Benoît You, oncologue à Lyon-Sud, le Dr Marion Cortet, gynécologue obstétricien à la Croix-Rousse et le Pr Claire Falandry, oncogériatre à Lyon-Sud , chassent quelques clichés tenaces sur le cancer. ©Philippe FRIEH

VRAI – Le tabac est responsable de 73 000 décès chaque année en France. Premier facteur de risque évitable, il favorise de nombreux cancers. Celui du poumon, bien sûr, mais aussi de la gorge, de la vessie, du pancréas, de l’estomac, du sein, des ovaires, du col de l’utérus… Il est aussi responsable de complications (bronchiolites chroniques, etc.), qu’un arrêt total permet de freiner. Il n’est donc jamais trop tard pour arrêter de fumer…

7 – Le sport est une arme anti-cancer

VRAI – Une autre idée reçue pousse de nombreux patients à stopper toute activité. La pratique d’une activité physique régulière permet pourtant de prévenir la maladie, augmente les chances de survie et les effets des traitements, réduit la fatigue, diminue les risques de récidive et joue un effet psychologique certain.

8 – Participer à une étude clinique, c’est être cobaye

FAUX – Considéré il y a dix ans comme le traitement de la dernière chance, l’essai clinique est aujourd’hui perçu comme une véritable opportunité pour le malade. Une étude a démontré que l’espérance de vie des patients était supérieure dans les centres de soin qui proposaient des essais cliniques. Ces traitements novateurs, qui finissent pour la plupart à être officiellement déployés, s’ajoutent au traitement standard et sont donc considérés comme des bonus. Sans danger, ils sont appliqués dans un cadre contrôlé, et uniquement avec l’aval du patient qui conserve sa liberté de décision.

9 – Il existe des comprimés anti-cancer

VRAI – À l’image de la chimiothérapie par comprimé, de plus en plus de traitement thérapeutiques sont administrés par voie orale (50% des traitements à l’horizon 2020). Leur efficacité a été clairement démontrée : équivalente à celle d’un traitement intraveineux, elle offre de nombreux avantages (des effets secondaires moindres, un traitement à domicile, un coût moindre pour la société…)

10 – Il y a moins d’urgence de traiter le cancer d’un senior

FAUX – Le cancer évolue de la même manière chez un patient jeune ou âgé. Au contraire, les diagnostics sont plus tardifs chez les personnes âgées, du fait de symptômes mal interprétés, car confondus avec d’autres pathologies voire banalisés. Le cancer est donc fréquemment détecté à un stade très avancé, et donc plus grave. Le vieillissement, en outre, fragilise le patient âgé, moins armé pour résister aux symptômes et combattre la maladie.

 

A savoir
14000 patients (8500 nouvaux cas par an) sont suivis chaque année au sein de l’Institut de Cancérologie des Hospices Civils de Lyon, qui regroupe 250 médecins et spécialistes dans les différents groupements hospitaliers du CHU lyonnais. Tous types de cancers y sont traités, pour adultes comme pour enfants, ‘’du diagnostic au suivi post-traitement’’.

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