Alors qu’une femme sur trois aura recours à l’IVG dans sa vie, comment l’intervention se déroule-t-elle ? Quelles sont les différences entre ces deux méthodes d’avortement et leurs risques respectifs ? Le point avec le Dr Jocelyne Attia, praticien hospitalier au sein du service de gynécologie, oncologie et obstétrique du Pr Golfier au CHU de Lyon-Sud.

L'avortement peut se faire par IVG médicamenteuse ou IVG chirurgicale
Médicaments ou intervention chirurgicale, deux solutions d’IVG s’offrent aux femmes qui veulent avorter © Ambrozinio

Quel doit être le premier réflexe d’une femme qui découvre qu’elle est enceinte et veut avorter ?

Elle doit tout d’abord vérifier qu’elle est bien enceinte, puis se rendre chez son médecin traitant. Le problème est que souvent, il s’agit du médecin de famille qui la suit depuis la petite enfance, et qu’il peut exister une certaine gêne. Elle peut aussi aller voir un gynécologue, mais le problème est le délai du rendez-vous pour avoir une consultation. Il s’agit de la première consultation médicale préalable à l’IVG, à l’issue de laquelle, le médecin remettra à la femme une attestation de consultation médicale.

Ensuite, il lui faudra attendre 7 jours avant le second rendez-vous et la prise en charge de l’IVG. Ce délai de 7 jours est obligatoire. Quand on arrive proche du délai légal de 12 semaines de grossesse (14 semaines d’aménorrhée), ce temps de réflexion peut être raccourci à 48 heures (délai d’urgence, car risque de dépassement du délai légal).

Le cas des mineures

Que se passe t-il pour les mineures ?

Les mineures peuvent vouloir garder le secret à l’égard de leurs parents (ou de leur représentant légal). S’il est impossible d’obtenir le consentement des parents, même si cela est conseillé, la mineure devra être accompagnée par un majeur de son choix qui l’accompagnera dans sa démarche. C’est d’ailleurs le seul acte médical pour lequel les mineures signent pour elles-mêmes. Les mineures sont aussi obligées d’avoir une consultation psycho-social, recommandée pour les majeures. Souvent, les femmes qui refusent cet entretien sont pourtant celles qui en ont le plus besoin. Ce moment d’écoute et de dialogue peut aider l’intéressée dans cette période délicate.

Il existe deux méthodes d’IVG : la méthode médicamenteuse et la méthode chirurgicale ou instrumentale. Il est « conseillé » de recourir à l’intervention chirurgicale après 8 SA (semaines d’aménorrhée), pourquoi ?

La méthode médicamenteuse a beaucoup augmenté en France puisqu’elle est pratiquée dans plus 50% des cas (en incluant celles pratiquées en ville). Elle peut se faire en médecine de ville jusqu’à 7 semaines d’aménorrhée (SA) , et jusqu’à 8/9 SA lorqu’ elle est pratiquée en milieu hospitalier. La méthode chirurgicale est pratiquée entre la 8ème et la 14ème SA.

La technique utilisée dépend du choix de la femme, du terme de la grossesse et des recommandations médicales en fonction de ses antécédents (recherche des contre-indications). Le médecin expose les modalités des deux techniques avec leurs risques respectifs.

L'avortement par médicament, une solution pour avorter
L’IVG médicamenteuse ne nécessite ni anesthésie, ni intervention chirurgicale ©DR

La solution de l’IVG médicamenteuse

Quels sont justement les avantages et inconvénients des deux méthodes : commençons par l’IVG médicamenteuse. Déjà, comment cela se déroule-t-elle ?

La méthode médicamenteuse consiste à prendre deux médicaments différents (comprimés) au cours de deux consultations, puis, à vérifier que la grossesse est bien interrompue au cours d’une visite de contrôle. L’IVG médicamenteuse comporte ainsi trois rendez-vous.

1 La consultation de prise de la mifépristone. À l’issue de cette première étape, il peut survenir des saignements plus ou moins importants. Rarement, l’œuf est expulsé avec les caillots de sang à ce stade. Les saignements ne sont pas le signe que la grossesse est arrêtée. Il est donc indispensable que la femme se rende comme prévu à la consultation suivante qui a lieu dans les 36 à 48 heures après.

2 La consultation de prise du misoprostol. Dans notre centre, une hospitalisation d’une demi-journée est prévue pour prise et surveillance de traitement. Ce médicament augmente les contractions et provoque l’expulsion de l’œuf. Les contractions utérines provoquent des douleurs ressemblant à celles des règles, parfois plus fortes. Des antalgiques (antidouleurs), qui agissent contre la douleur sont systématiquement prescrits.

Les saignements peuvent parfois se produire très vite après la prise du misoprostol, mais parfois plus tardivement : dans 50 % des cas, l’avortement (expulsion de l’œuf) se produit dans les 4 heures suivant la prise du misoprostol ; dans 40 % des cas, l’avortement aura lieu dans les 24 à 72 heures suivant la prise du misoprostol.

Si tout se passe bien, la patiente rentre chez elle avec les explications sur la durée des saignements.  Si la patiente ne saigne pas dans les 3, 4 jours, elle devra nous téléphoner. Les saignements durent 15 jours en moyenne, mais l’important est qu’ils aillent en diminuant. La méthode contraceptive choisie par la femme, en l’absence de contre-indications médicales, est prescrite lors de sa sortie.

La visite de contrôle dans les 15 à 21 jours suivants est obligatoire afin de vérifier que tout s’est bien passé. Le taux de succès de la méthode est en moyenne de 95 %. Dans seulement 1 à 2% des cas, la grossesse peut continuer à évoluer. Des complications hémorragiques peuvent survenir en rapport ou non avec une rétention. Les femmes qui ont des règles longues et abondantes et/ou les femmes ayant déjà eu des enfants, âgées de plus de 35 ans et celles qui ont accouché par césarienne, auront tendance à saigner davantage ou à être exposées à plus de rétention (caillots ou débris placentaires non expulsés à l’intérieur de l’utérus).

En cas d’échec (si la grossesse se poursuit, hémorragie vraie), il est impératif de recourir à la technique instrumentale. 

L’avantage de l’IVG médicamenteuse est qu’elle ne nécessite ni anesthésie ni intervention chirurgicale, en l’absence de complications de cette méthode. En revanche, d’un point de vue psychologique, cela peut être difficile à vivre d’où l’importance d’être accompagnée. 

 

La solution de l’IVG chirurgicale

Et qu’en est-il de l’IVG chirurgicale ?

L’IVG chirurgicale se déroule dans les établissements de santé publics ou privés qui acceptent la réalisation de ces gestes. L’intervention est pratiquée sous anesthésie locale ou générale dans un bloc opératoire et ne dure qu’une quinzaine de minutes.  On expliquera bien à la patiente le déroulé  de la méthode :

  1. Prise de médicaments avant le geste afin de faciliter l’ouverture du col utérin
  2. Passage d’une canule adaptée à l’âge gestationnel

A l’entrée dans le service, le geste sera précédé de l’administration des anti-douleurs, d’un médicament pour la décontracter. Lors du geste sous anesthésie locale, on lui donnera du gaz à inhaler associé à un anesthésiant au niveau cervical. La douleur est généralement bien contrôlée. A Lyon, j’espère que l’on pourra bientôt travailler avec la technique de l’hypnose.

Dans le cadre de l’IVG chirurgicale, la femme ne vivra pas ce moment seule, chez elle. Les complications sont rares :

  • perforation de l’utérus ( lors du geste) , risque infectieux et hémorragique (fièvre, fortes douleurs, pertes de sang importantes). La femme doit alors rapidement nous contacter 
  • Accolement des parois de l’utérus (secondaire) 

Mais tout se passe bien dans 99% des cas. La visite de contrôle doit intervenir dans les 14 à 21ème jours suivants l’intervention instrumentale. Elle permet de s’assurer de l’absence de complications.

 

Retrouvez la liste de tous les gynécologues, oncologues et obstétriciens sur www.conseil-national.medecin.fr

A savoir : Le forfait de prise en charge de l’IVG en ville et celui de l’IVG en établissement de santé seront harmonisés. Des actes demandés aux femmes, actuellement non pris en charge à 100% par la Sécurité Sociale, seront désormais intégralement remboursés : les examens de biologie médicale (IVG en ville), l’échographie de datation pré-IVG (IVG en ville et en établissement de santé), la consultation de recueil du consentement (IVG en établissement de santé), les examens de biologie de suivi (IVG en ville) et l’échographie de contrôle (IVG en ville)

Pour plus d’informations, consultez le site www.ivg.gouv.fr

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3 Responses to "Avortement: IVG médicamenteuse ou IVG chirurgicale ?"

  1. jokalefa  19 décembre 2015

    J’ai fait un ivg cytotec par voi vaginal ce qui m’inquiète sais que je. N’es pas seigner. Juste quel que goûte mai j’ai senti un gros câlins sortire de mon vagin je ne sais pas si sa a fonctionné et pourquoi je n’es pas. Seigner

  2. jokalefa  19 décembre 2015

    J’ai fait un ivg cytotec par voi vaginal ce qui m’inquiète sais que je. N’es pas seigner. Juste quel que goûte mai j’ai senti un gros câlliot. Un boul de sang coaguler sortire de mon vagin je ne sais pas si sa a fonctionné et pourquoi je n’es pas. Seigner

  3. Banse maïmouna  12 octobre 2017

    J ai subi un avortement par aspiration mais sa na pas marché et j ai appelé Mon medecin Il ma donné cytotec Je ne sais pas comment faire pour savoir si ca marché

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