Le groupe lyonnais Nutrisens vient de lancer la première gamme complète « manger main ». Baptisée Nutrimain, cette innovation constitue une avancée dans la lutte contre la dénutrition des personnes âgées et des victimes d'Alzheimer.

Le manger-main entend lutter contre la dénutrition
Nutrimain, une innovation lyonnaise pour faciliter le manger-main

Maladie d’Alzheimer, troubles cognitifs ou visuels, handicap physique… Chaque jour, plusieurs centaines de milliers de Français sont dans l’incapacité de se servir de couverts. Pour répondre à cette problématique sociétale, le groupe lyonnais Nutrisens vient d’annoncer le lancement de la première gamme complète « manger main » prête à dresser.

Entrée, plat, laitage, dessert… Plus de deux années de recherches ont été nécessaires pour mettre au point les quatre composantes du repas. « Il s’agissait de trouver une réponse à une problématique de plus en plus présente dans les établissements de santé et les EHPAD confrontés à une explosion de la maladie d’Alzheimer et des maladies apparentées. A un stade avancé de la maladie, il devient de plus en plus difficile de s’alimenter et d’utiliser des couverts. Le manger-main redonne de l’autonomie aux patients qui peuvent de nouveau s’alimenter seuls. Ce retour aux plaisirs de la table redonne de l’appétit aux patients et lutte donc efficacement contre la dénutrition de ces populations à risques« , explique Virginie Pouyet, Docteur en sciences des aliments, à l’origine du concept.

 

Fond dans la bouche, pas dans la main

Nutrimain entend lutter contre la dénutrition
Les produits « manger-main » se présentent sous forme de rouleaux à découper en bouchées ©P.Auclair

Avec son équipe de R&D, Virginie Pouyet est parvenue à créer des produits à la texture adaptée aux troubles de la déglutition, capables de stimuler les sens et assurer un apport nutritionnel quotidien suffisant aux patients comme aux personnes âgées.

« Nutrimain est parvenu à concilier une délicate équation qui consiste à proposer des aliments facilement préhensibles sans fondre sur les doigts. Cette texture particulière n’altère pas la composition des plats, que ce soit au niveau de l’intérêt gustatif, de la couleur ou de la forme des aliments », note Monique Ferry, médecin gériatre nutritionniste, auteur de Nutrition de la personne âgée.

 

Alzheimer, trouver le plaisir de manger

En lançant cette première gamme complète « manger main » personnalisable par les cuisiniers des EPHAD et autres établissements de santé, le groupe Nutrisens entend contribuer à lutter contre le phénomène de dénutrition et son cercle vicieux (fatigue, amaigrissement, perte d’appétit).

« Il a fallu concevoir des produits qui prennent parfaitement en compte les besoins des patients, à savoir: 1) des aliments préhensibles avec une texture adaptée, notamment aux troubles de la déglutition; 2) des produits assurant un apport nutritionnel suffisant pour couvrir les besoins quotidiens; 3) une gamme complète capable de s’adapter au rythme alimentaire traditionnel et stimuler les sens. Enfin, au-delà de cette équation, il a fallu répondre aux contraintes économiques et d’usage des établissements, d’où un conditionnement adapté et la possibilité de personnaliser pour les chefs les plats avec des sauces et des dressages à l’assiette« , détaille Virginie Pouyet.

 

Manger-main et dénutrition

Majoritairement associé à la maladie d’Alzheimer, le manger-main convient également à d’autres problématiques (troubles pratiques, handicap moteur), déambulation, dénutrition, asthénie, troubles visuels…). Concrètement, les entrées, plats et desserts sont livrés prêts à découper dans des conditionnements en forme de rouleaux qu’il suffit de découper. Ensuite, le chef cuisinier réalise la sauce, chauffe les plats et agrémente ses assiettes à sa guise.

Une innovation dont la gamme va s’étoffer fin 2017, avant de s’ouvrir à l’international. « A terme, nous souhaitons donner aux chefs des établissements la possibilité de concevoir des menus 100% manger-main avec leurs propres recettes en leur proposant des ingrédients uniques pour apporter de la consistance à des produits en texture modifiée« , conclut Georges Devesa, le président de Nutrisens, qui envisage aussi d’amener progressivement le manger-main au domicile des patients dans le cadre d’un partenariat avec un autre groupe régional, Toupargel.

 

A SAVOIR

Avec le vieillissement de la population, on observe une augmentation des pathologies neurodégénératives liées à l’âge se caractérisant par une perte progressive des capacités cognitives comme la mémoire, le raisonnement ou le langage. Les 5 A, communément associés à la maladie d’Alzheimer, sont notamment sources de difficultés lors du repas: Amnésie (perte de la mémoire), Agnosie (perte de reconnaissance de l’aliment et des objets associés), Attention (difficultés à se concentrer durant le repas), Aphasie (difficultés à exprimer un besoin) et Apraxie (difficultés à utiliser des couverts).

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